Nous vivons entourés de légendes, de mythes vivants puis morts, puis immortels. Chaque jour de nouvelles étoiles apparaissent dans d'inexistantes constellations, d'anciennes fichent le camp et s'éteignent sans disparaitre. Sont-ce des hommes, des Dieux, des demi-Dieux ? Un peu de tout ça, ce sont eux qui tissent l'écharpe qui nous enveloppe l'hiver et ce sont eux qui nous font danser nus sous la Lune l'été. Gotlib est mort. Ce n'est pas triste, ça ne peut pas l'être. Vous comprenez ? Gotlib mort, quelle dérision ! Enfin, je me retiens. Je me souviens. La mémoire, c'est tout.
Retour vif-argent sur Leon Russell, décédé lui aussi il y a peu, pour dire qu'il avait mauvais caractère, comme beaucoup de ces géants sur les épaules desquels nous sommes juchés, mais que c'était vraiment un compositeur et un interprète remarquable.
Voici une preuve. Une émission de la télé américaine des années 70 où, avec sa petite bande de clowns, de freaks gentillets, de petites têtes sympathiques (nous ?), il enchante les ondes et les récepteurs avec sa beauté et sa rudesse tendre. C'est bon, ça se laisse regarder sans fin, il y a une très bonne version de "Honky tonk woman"et ses propres chansons, superbes, "A song for you", "Delta lady" et autres...
Ecoutez le speech du présentateur vintage seventies, il est tordant. Encore avant c'est Leon Russell lui-même, avec son haut-de-forme.
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lundi 19 décembre 2016
mardi 26 juillet 2016
dimanche 3 janvier 2016
Delpech pas mort.
Alors, ça y est, 2016 ça déconne déjà, dès le deuxième jour ! C'est du propre. Michel Delpech, impeccable chanteur-crooner à la française est mort et il n'avait PAS 73 ans ! Lamentable. De lui, j'adore "Le loir et Cher", "Chez Laurette", "La montagne", "le chasseur". J'ai eu les boules en écoutant "Les divorcés", j'ai pleuré en écoutant "Quand j'étais chanteur", j'ai soupiré en rêvant sur "La fille avec des baskets" et "Tu me fais plâner". Il avait fait du charme un style; toujours juste, jamais trop, jamais trop peu. Sa voix était veloutée, son sourire enjôleur, son répertoire était populaire, intelligent mais jamais vulgaire (contrairement à celui de Sardou). Il séduisait sans racoler. Il avait eu des coups de blues terribles, des attaques-paniques de la Vie. Il s'était reconstruit à chaque fois. Il avait un courage devenu tranquille, certainement grâce à sa foi. Je n'aime pas l'idée que cet homme doux, fragile et fort ne soit plus là pour nous rassurer sur la fiction qu'était "Quand j'étais chanteur" en l'entonnant encore une fois.
Je la mets celle-là, je l'aime trop.
Et puis "Longue maladie". Ce titre n'est pas seulement une figure de style, c'est un statut administratif très précis qui peut vous tomber dessus si vous allez mal assez longtemps. Cet homme a cotoyé des gouffres. Il s'est soigné, il a trouvé un chemin, singulier. Plus de bonhomme, plus de chemin, plus de chanson. Pas tout à fait. Restent les inaltérables microsillons. Vive les 45 tours ! Putain de 2016 !
Je la mets celle-là, je l'aime trop.
Et puis "Longue maladie". Ce titre n'est pas seulement une figure de style, c'est un statut administratif très précis qui peut vous tomber dessus si vous allez mal assez longtemps. Cet homme a cotoyé des gouffres. Il s'est soigné, il a trouvé un chemin, singulier. Plus de bonhomme, plus de chemin, plus de chanson. Pas tout à fait. Restent les inaltérables microsillons. Vive les 45 tours ! Putain de 2016 !
samedi 2 janvier 2016
Autoroute pour nulle part.
C'est 2016. il fait un temps anormalement doux. Le soleil brille. Je me sens petit, tout petit. Recroquevillé sur deux ou trois choses dont je ne suis même plus tout à fait sûr. J'aimerais qu'il gèle, me plaindre du froid. La nature va-t-elle "passer une nuit blanche", comme le dit un de mes amis ? Je veux revoir un printemps, c'est tout ce que je demande. Un de plus et basta. Mais pas dans une semaine. Dans trois mois. Est-ce moi qui déconne ou le reste, tout le reste ? Je suis faible, embryonnaire, rapetissé. Personne ne me protège et je n'arrive pas à me contenter de cet état de fait. Quelle faiblesse ! J'ai trop fréquenté les moralistes, les idéologues, les artistes. D'eux il ne me reste plus rien. Du flou, du vague à l'âme. Ce n'est pas assez. Mais les plaintes, tout le monde s'en fout. Cessez de me lire. Allez cherchez l'amour ailleurs. Un printemps. C'est tout ce que je veux,, des bourgeons, ça sera suffisant.
mercredi 11 novembre 2015
Accroche-toi au pinceau, j'enlève l'échelle.
The Sonics sont un quintet américain qui fut fameux au mitan des années soixante pour des hymnes de rock garage endiablés comme le très connu "Psycho" , qu'il leur arrivait de répéter avec la maman d'un des membres du groupe à la basse. Si les parents ne se tiennent pas que voulez-vous qu'il advienne des fils ? Comme de juste ils ont crâmé la chandelle par les deux bouts, hurlé et fait les fous, et, finalement, tenu le haut du pavé pendant deux ans avant de sombrer dans un semi-oubli avec le statut de groupe culte. Près de 45 ans après leur formation, les revoici avec un nouvel album qu'il faut bien qualifier d'excellent, plein de jus, de bruit saturé et de fureur expulsée. Ces mecs ont 70 ans tapés et les Hives, à leurs cotés, font figure de petits rigolos scandinavets. C'est pas possible il doit y avoir un dieu pour les rockeurs cinglés ! A les en croire, la tempérance est un truc de petite fille, la modération une abstraction inepte et une certaine "tenue" dans les excès de toutes sortes suffit largement à garantir une longue vie. Alcool, débauche, luxure à go-go et après moi le déluge ! C'est beau, c'est merveilleux, ça fait envie. Moi qui ait du voir 150 médecins dans ma putain de vie, je tremble de rage. Ca s'écoute fort et c'est en mono.
Je venais de naître...j'allais en chier.
Je venais de naître...j'allais en chier.
mardi 10 novembre 2015
I need a remedy.
Apparemment Bond, James Bond est encore une fois aux prises avec la dépression. Il n'y a que comme cela qu'il est supportable. Et quel exemple pour tous les malades psychiques ! Oui, il triomphera de ses démons intérieurs et oui, il sauvera le monde et son âme ! Alors ? Alors ? On se remue maintenant les petits cocos, et on va travailler un peu sur soi avec son psy pour faire jaillir le petit Bond qui se cache au fond de chacun de nous, allez, allez !
De plus, l'heure est à l'optimisme car le "geai moqueur" ne va pas tarder à faire rendre gorge au Président Snow dans une de ses fictions libertaires ("Hunger Games") qui nous clouent à nos fauteuils plutôt que de nous faire agir et dont Hollywood nous gratifie pratiquement depuis le début. C'est de l'hypnose véritable, Fritz Lang n'a cessé de le dire. Plus on en voit, moins on en fait (de la révolution) et plus on est manipulé, plus on est content. Les esclaves sont toujours heureux pourvu qu'on leur laisse un chouia de bride sur le cou. "Django Unchained" et tout le monde est content.
"Bonjour chez vous." disait le 6 qui ne voulait pas être un numéro. Nous sommes devenu ça : une suite de chiffres, même pas cryptée, à ciel ouvert, à coeur ouvert, prête à toutes les folies, les orgies de zéros, avec un code en guise de paraphe. Heureusement que 007 (permis de tuer pour tout le monde ! eh, eh !) nous remet tout ça en place sans coup férir et sans décoiffer Léa Seydoux. Sa permanente, c'est l'équivalent du PIB du Bengladesh, non ? Plus ! Ah, je suis bien rassuré ! Le cinéma, ça requinque, ça redonne foi en l'humanité, Yippee !
De plus, l'heure est à l'optimisme car le "geai moqueur" ne va pas tarder à faire rendre gorge au Président Snow dans une de ses fictions libertaires ("Hunger Games") qui nous clouent à nos fauteuils plutôt que de nous faire agir et dont Hollywood nous gratifie pratiquement depuis le début. C'est de l'hypnose véritable, Fritz Lang n'a cessé de le dire. Plus on en voit, moins on en fait (de la révolution) et plus on est manipulé, plus on est content. Les esclaves sont toujours heureux pourvu qu'on leur laisse un chouia de bride sur le cou. "Django Unchained" et tout le monde est content.
"Bonjour chez vous." disait le 6 qui ne voulait pas être un numéro. Nous sommes devenu ça : une suite de chiffres, même pas cryptée, à ciel ouvert, à coeur ouvert, prête à toutes les folies, les orgies de zéros, avec un code en guise de paraphe. Heureusement que 007 (permis de tuer pour tout le monde ! eh, eh !) nous remet tout ça en place sans coup férir et sans décoiffer Léa Seydoux. Sa permanente, c'est l'équivalent du PIB du Bengladesh, non ? Plus ! Ah, je suis bien rassuré ! Le cinéma, ça requinque, ça redonne foi en l'humanité, Yippee !
mardi 20 octobre 2015
Le chasseur de daim.
Il n'y a pas que Deerhoof dans la vie, il y a aussi Deerhunter, phalange pop nommée ainsi d'après le nom du film de Michael Cimino avec Bob de Niro et Chris Walken ("Voyage au bout de l'enfer" en français !). J'ai découvert ce groupe il y a quelques années avec le titre "Helicopter" tiré de leur album "Alcyon digest". C'est vraiment beau et je le mets ci-dessous. Bradford cox, le leader du groupe, souffre du symdrome de Marfan, comme Joey Ramone, une saloperie qui bouffe le coeur à moyen terme et vous donne de longs membres qui n'en finissent pas de grandir. Alors, le nouveau titre de Deerhunter s'appelle "Living my life" (je le mets encore en-dessous) et je suppose qu'il faut l'appliquer à Cox et que vivre sa vie doit être assez compliqué. Il a cependant l'air d'avoir trouvé un ami canin et calin et sa musique est belle et fraîche. Serait-il un "freak" heureux ? Sa vie serait-elle moins chahutée et moins sombre que celle de son frère en maladie Joey Ramone ? Je lui souhaite bon vent, à cet humain déjanté par Dame Nature, et je lui dis, de "freak" à "freak", que je prends un grand plaisir à écouter le dernier album en date des Deerhunter : "Fading frontiers". (C'est le moins qu'on puisse dire en ce moment, à moins que ce ne soit l'inverse...merde...Elles se reforment ?..). Bradford, si tu m'entends...
Le clip qui suit est merveilleux, Cox en sait un bout sur les minéraux, croyez-moi. Quant à moi, les images de minéraux (et celles de taches d'encre) remplaceraient toute la peinture surréaliste que çela ne me générait pas. Ah, l'expressionisme, c'est une autre paire de manches !
Le clip qui suit est merveilleux, Cox en sait un bout sur les minéraux, croyez-moi. Quant à moi, les images de minéraux (et celles de taches d'encre) remplaceraient toute la peinture surréaliste que çela ne me générait pas. Ah, l'expressionisme, c'est une autre paire de manches !
Doliprane 10 000.
Aujourd'hui, j'ai mal au crâne, oh juste un peu plus que d'habitude. Que ça soit vraiment génant... Donc j'écoute ça avant de faire un AVC. "J'ai mal à la tête" de Georges Ulmer chanté par Gainsbourg.
Et puis ça parce que Frank Black a vraiment un talent incroyable, un bon gros bedon et une belle voix qui ne fait pas mal au crâne. : "Headache".
Et puis ça parce que Frank Black a vraiment un talent incroyable, un bon gros bedon et une belle voix qui ne fait pas mal au crâne. : "Headache".
dimanche 6 septembre 2015
Ris donc, Caliban !
Je suis en train de lire un truc que j'aurais du lire depuis longtemps : "Rigodon" de Louis-Ferdinand Céline. Le problème avec Céline, c'est qu'il a beau être infréquentable du fait de son action collabo avec les Allemands en 39-45, au vingtième siècle et même là, après la guerre, juste avant de calancher, c'est un des tous meilleurs, un styliste hors-pair. En fait, il n'est mauvais que pendant la guerre, là où il a vraiment eu les coudées franches pour dire tout ce qu'il voulait. Là, il a éructé, il a craché sa bile dans tous les sens, sur tous le monde et ça ne tenait plus la route, ça débordait, ça bavait, ce n'était plus bon. Donc, exit "L'école des cadavres", "Les beaux draps" et dans une moindre mesure " Bagatelle pour un massacre" (je dis dans une moindre mesure parce que dans ce livre-là il n'est pas encore complètement "déchainé" et que, donc, c'est parfois bon).
Mais avant la guerre et après, il est tenu, retenu par une sorte de "réserve" que lui impose la société française comme elle va et là, il mesure, oh que oui, et c'est au cordeau; du ciselè pur-jus, de l'Art grande cuvée, toujours sur la très pure corde du contre-ut casse-gueule mais tenu.
Alors donc, dans "Rigodon", il raconte la fin de son périple en Allemagne pendant la défaite des Nazis qui le conduira au Danemark où il se terrera avant que Jean Paulhan ne puisse le faire revenir en France sans qu'il soit fusillé, et franchement, c'est tordant, en plus d'être bien écrit comme jamais. A un moment il raconte un peu son présent à Meudon et il explique que Roger Nimier vient le voir pour trouver avec lui un truc de gauche qu'il a bien du faire dans sa vie, même sans s'en rendre compte, parce que Céline, il est bon, mais il est pas défendable. Céline cherche, cherche, c'est dur mais il trouve : c'est Elsa Triolet, impeccable communiste et compagne du "povoite" (Aragon), qui a traduit le "Voyage au bout de la nuit" en russe d'U.R.S.S. Bon, ça tombera à l'eau aussi, ce truc-là. Mais la façon dont il raconte son espèce d'épopée branquignolle de train en train dans une Allemagne en ruines, accompagné de son chat Bébert, de sa femme, de l'acteur Le Vigan et d'une bande de gogols locaux croustillants est tout simplement hilarante. Et je le répète, tout est écrit au cordeau. Il y a une phrase là-dedans qui m'a marqué, preuve qu'il est encore bien leste intellectuellement : "La première fois est tragique, la seconde fois est grotesque". Ca se tient plutôt bien comme citation "définitive", comme aurait dit Sacha Guitry.
Je mets cette vidéo pour illustrer mon article. Céline y est interviewé par Pierre Dumayet en 1957, avant "Rigodon", pour ce qui constitue un autre livre de souvenirs (lui, il dit qu'il est "chroniqueur", pas acteur) : "D'un chateau l'autre". Céline s'y montre tour à tour hilarant (quand il se compare à une "fine chienne de traineau") émouvant (quand il parle de son enfance au Passage Choisel à Paris) et très très roué et malin (quand il parle de "l'affaire Pétain"). La fin, les tous derniers mots, sont incroyables
Mais avant la guerre et après, il est tenu, retenu par une sorte de "réserve" que lui impose la société française comme elle va et là, il mesure, oh que oui, et c'est au cordeau; du ciselè pur-jus, de l'Art grande cuvée, toujours sur la très pure corde du contre-ut casse-gueule mais tenu.
Alors donc, dans "Rigodon", il raconte la fin de son périple en Allemagne pendant la défaite des Nazis qui le conduira au Danemark où il se terrera avant que Jean Paulhan ne puisse le faire revenir en France sans qu'il soit fusillé, et franchement, c'est tordant, en plus d'être bien écrit comme jamais. A un moment il raconte un peu son présent à Meudon et il explique que Roger Nimier vient le voir pour trouver avec lui un truc de gauche qu'il a bien du faire dans sa vie, même sans s'en rendre compte, parce que Céline, il est bon, mais il est pas défendable. Céline cherche, cherche, c'est dur mais il trouve : c'est Elsa Triolet, impeccable communiste et compagne du "povoite" (Aragon), qui a traduit le "Voyage au bout de la nuit" en russe d'U.R.S.S. Bon, ça tombera à l'eau aussi, ce truc-là. Mais la façon dont il raconte son espèce d'épopée branquignolle de train en train dans une Allemagne en ruines, accompagné de son chat Bébert, de sa femme, de l'acteur Le Vigan et d'une bande de gogols locaux croustillants est tout simplement hilarante. Et je le répète, tout est écrit au cordeau. Il y a une phrase là-dedans qui m'a marqué, preuve qu'il est encore bien leste intellectuellement : "La première fois est tragique, la seconde fois est grotesque". Ca se tient plutôt bien comme citation "définitive", comme aurait dit Sacha Guitry.
Je mets cette vidéo pour illustrer mon article. Céline y est interviewé par Pierre Dumayet en 1957, avant "Rigodon", pour ce qui constitue un autre livre de souvenirs (lui, il dit qu'il est "chroniqueur", pas acteur) : "D'un chateau l'autre". Céline s'y montre tour à tour hilarant (quand il se compare à une "fine chienne de traineau") émouvant (quand il parle de son enfance au Passage Choisel à Paris) et très très roué et malin (quand il parle de "l'affaire Pétain"). La fin, les tous derniers mots, sont incroyables
mardi 28 juillet 2015
Lemmy paye cash.
Voir Motörhead en concert ces jours-ci c'est comme voir le groupe du Roi des Zombies. Et même, depuis que Lemmy, leur bassiste fou furieux et leader n'a plus le droit à rien (plus d'alcool, de speed, de clopes), il s'est mis à ressembler furieusement à la Mort elle-même. C'est assez effarant et, bien que les deux autres membres du groupe tentent de prendre le show à leur compte pour faire passer au public un moment "agréable", lui, Lemmy, d'une voix sépulcrale, délivre un message qu'on croirait venir directement de l'au-delà. A vrai dire, quand il se lance dans l'interprétation de "Stay clean" (Reste propre), ça devient franchement flippant. Vous me direz, la Mort, ce n'est que ça ? ("Nitchevo" : "Ce n'est rien." a dit ToltoÏ avant d'y passer), Ouais, ben, regardez bien le gaillard qui continue à marteler sa basse, il est déjà en Enfer et je n'ai plus envie d'aller à la surboum qu'il a prévu de faire pour son prochain anniversaire. Il y a un film comme ça ou une momie suce l'âme de ses victimes par leur trou du cul. Lemmy, s'il n'est peut-être pas la Faucheuse en personne, n'est pas très loin de embaumement sur pied.
vendredi 10 avril 2015
Bander plus fort, bander encore.
Je viens de découvrir le travail du photographe et ethnologue italien Fosco Maraini. On a pas fini de s'émerveiller les amis. On n'a pas fini de désespérer non plus. Et non, je ne suis pas bipolaire, c'est l'Homme qui oscille dangereusement entre le noble et l'ignoble, et le sublime et le sordide, si tant est que ces notions veuillent encore dire quelque chose aujourd'hui.
Enfin bref, ce photographe amoureux du Japon a fourni une iconographie abondante et magnifique sur une catégorie très spéciale de la population : les pêcheuses en apnée d’ormeaux d'une île du sud de l'archipel, les Ama. A voir ces photos de femmes débordantes de santé et d'énergie effectuer leur tâche quotidienne quasiment nue on ressent une charge érotique d'une puissance peu commune alors même qu'aucun des codes de la photo de charme d'Occident ou d'ailleurs n'entre en jeu. Ce ne sont pas des sirènes que l'on voit ici comme on l'a souvent dit, créatures fatales et fragiles comme beaucoup hommes les aiment, mais des guerrières au sourire éclatant, à la nudité rayonnante, aux seins galbés pour la main, le couteau à la ceinture, prêtes au combat. Voilà bien nos égales dans la lutte amoureuse pour le plaisir. Elles ne s'en laisseront pas compter et il faudra les baiser de toutes nos forces pour les faire décoller et nous avec dans le maëlstrom d'un orgasme partagé arraché aux Dieux jaloux. Nous sommes là bien loin de la névrose mise en scène par Oshima (et comment) dans "l'Empire des sens" (titre original "Ai no corrida", qu'on pourrait traduire assez simplement par "la corrida du sexe"; parlant, non ?). Les japonais s'y connaissent en matière de sexualité tordue et de névroses carabinées mais je doute que les psys fassent fortune là-bas. On connaît la fameuse phrase de Freud sur les Irlandais qu'il jugeait être le seul peuple hermétique à la psychanalyse. Le pauvre ne connaissait pas le Japon, pays ou les perversions s'épanouissent toutes violemment et font partie intégrante de la vie de la plus grande majorité sans que cela semble poser trop de problèmes.
Mais là, c'est autre chose que nous montre Maraini. Il s'agit bien d'une sexualité parfaitement saine, parfaitement puissante et heureuse à laquelle ces femmes, ces Ama(zones, bien sûr) nous invitent. C'est revigorant et ça change avantageusement de "sexually broken" sur Youporn, série SM anglaise où des femmes sont réduites, en plein consentement paraît-il, à l'état de déversoir à violence masculine. On pourrait toujours essayer ça avec une Ama, les gars, ça n'irait pas très loin avant qu'elle quitte la tour du donjon, et tant pis pour vous si les photos et la vidéo ci-dessous ne vous excitent pas, les morts bandent aussi.
Enfin bref, ce photographe amoureux du Japon a fourni une iconographie abondante et magnifique sur une catégorie très spéciale de la population : les pêcheuses en apnée d’ormeaux d'une île du sud de l'archipel, les Ama. A voir ces photos de femmes débordantes de santé et d'énergie effectuer leur tâche quotidienne quasiment nue on ressent une charge érotique d'une puissance peu commune alors même qu'aucun des codes de la photo de charme d'Occident ou d'ailleurs n'entre en jeu. Ce ne sont pas des sirènes que l'on voit ici comme on l'a souvent dit, créatures fatales et fragiles comme beaucoup hommes les aiment, mais des guerrières au sourire éclatant, à la nudité rayonnante, aux seins galbés pour la main, le couteau à la ceinture, prêtes au combat. Voilà bien nos égales dans la lutte amoureuse pour le plaisir. Elles ne s'en laisseront pas compter et il faudra les baiser de toutes nos forces pour les faire décoller et nous avec dans le maëlstrom d'un orgasme partagé arraché aux Dieux jaloux. Nous sommes là bien loin de la névrose mise en scène par Oshima (et comment) dans "l'Empire des sens" (titre original "Ai no corrida", qu'on pourrait traduire assez simplement par "la corrida du sexe"; parlant, non ?). Les japonais s'y connaissent en matière de sexualité tordue et de névroses carabinées mais je doute que les psys fassent fortune là-bas. On connaît la fameuse phrase de Freud sur les Irlandais qu'il jugeait être le seul peuple hermétique à la psychanalyse. Le pauvre ne connaissait pas le Japon, pays ou les perversions s'épanouissent toutes violemment et font partie intégrante de la vie de la plus grande majorité sans que cela semble poser trop de problèmes.
Mais là, c'est autre chose que nous montre Maraini. Il s'agit bien d'une sexualité parfaitement saine, parfaitement puissante et heureuse à laquelle ces femmes, ces Ama(zones, bien sûr) nous invitent. C'est revigorant et ça change avantageusement de "sexually broken" sur Youporn, série SM anglaise où des femmes sont réduites, en plein consentement paraît-il, à l'état de déversoir à violence masculine. On pourrait toujours essayer ça avec une Ama, les gars, ça n'irait pas très loin avant qu'elle quitte la tour du donjon, et tant pis pour vous si les photos et la vidéo ci-dessous ne vous excitent pas, les morts bandent aussi.
mercredi 1 avril 2015
Tweedy and son Ltd
Jeff Tweedy, le leader de Wilco, entre deux crises de migraine, a trouvé un remède souverain et guilleret contre l'érosion qui attaque le Rocker dès qu'il a passé la trentaine. Il fait du Rock avec son jeune fils initiant ainsi une filiation énergique et créatrice tout à fait bienvenue qui semble répondre à l'équation impossible du "comment grandir sainement à l'école du Rock n' Roll ?" pas particulièrement réputée pour son régime de vie mesuré. Le conflit des générations s'en trouve aussi un peu obsolète( ainsi que les reprises de l'hymne des Who) et quelque chose s'installe dans le temps entre eux et pour nous qui est tout à fait original. On va les voir dans la vidéo ci-dessous, où ils jouent des morceaux de leur album sobrement appelé "Tweedy". Tout à l'air assez simple, le reste du groupe n'est guère plus âgé que le fiston-batteur et ça se passe dans une bonne ambiance qui ne nuit pas à la tenue Rock de l'ensemble. C'est assez miraculeux, en fait. J'imagine que Tweedy-père est plutôt fier de son fils et inversement, ou alors c'est encore plus évident et simple que ça. En fait, je n'avais jamais entendu parler d'une telle "expérimentation" familiale positive.
mardi 10 mars 2015
Comment les chats miaulent-ils en japonais ?
L'île d'Aoshima au Japon. Plus que 20 habitants et 120 chats. Un vrai petit paradis pour les amis des petits félins dont je suis. Les chats, c'est spécial. Ce n'est pas attaché comme un chien à son maître mais c'est intelligent et câlin. Un chat peut très bien s'escrimer à vous remonter le moral. Il flaire la mélancolie à l'oeuvre et se love sur vous comme s'il sentait votre coeur battre et l'écoutait, et comme s'il voulait l'apaiser. Un chat se vexe si on se moque de lui après un raté. Il va secouer un peu la tête de droite à gauche, se lécher les babines en faisant comme si on était pas là, regarder les moqueurs, penaud, et tourner le dos ostensiblement devant aussi peu de mansuétude. Les chats aiment les boites, passionnément. Ils veulent les explorer, les percer à jour, aller au bout de ces tunnels bouchés bêtement. Un chat va venir à vous, se frotter à votre jambe, il a sûrement besoin de quelque chose, et peut-être ne veut-il en fait qu'une caresse, jouisseur jusqu'à la moelle. Un chat a mauvais ou bon caractère, il est brave ou peureux. Les chattes sont maternelles, et agressives si des matous s'approchent de leurs petits, elles connaissent les ruses de ces vieux infanticides. Et là, sur cette photo prise à Aoshima, ils sont quand même assez effrayants à bicher tous au même moment, faussement sages, petits démons prêts à bondir.
Une petite anecdote : un chat m'a un jour apporté la preuve que l'Amour existe. Voilà le topo. J'étais parti une semaine en vacances et j'avais laissé mon chat roux à la garde de ma voisine. Ce chat était un bagarreur, un branleur, il me toisait souvent du regard, il se roulait de plaisir sur les charognes de souris qu'il amenait sur ma terrasse (j'habitais au rez-de-chaussée). C'était un dur. Une vieille dame de ma connaissance m'a dit un jour que les chats roux étaient plus "patrons" que les autres. Ma voisine avait pour consigne d'ouvrir un peu le volet de la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin de la résidence le matin, et de le refermer le soir, laissant le chat dehors. Cela ne devait pas le gêner tellement puisqu'il passait toutes les nuits dehors en ma présence. Le jour où je suis revenu de vacances le chat était à la maison, il m'a vu rentrer dans l'appartement du bout du long couloir d'entrée et s'est dirigé vers la cuisine. Je l'ai appelé, j'ai posé mes sacs et je l'ai suivi. Il a fait semblant de renifler un peu sa pâtée, m'a évité alors que j'entrais dans la cuisine et s'est dirigé vers le salon et le volet ouvert. J'ai cru qu'il allait sortir. Et, là, tout à coup, il s'est allongé sur le flanc et m'a donné son corps entier à caresser. Je ne l'avais jamais vu faire ça, et je ne l'ai jamais vu le refaire après. Je lui ai labouré le flanc longuement à pleines mains, je l'ai caressé tout entier, des moustaches à la queue et je voyais dans ses yeux qui s'ouvraient et se refermaient lentement qu'il s'abandonnait entièrement au plaisir des retrouvailles, qu'il chassait ses angoisses de perte et d'abandon sous mon étreinte douce. Il semblait se dire : "Il est revenu, Dieu que c'est bon d'avoir cet humain dans le coin". Soudain, il s'est redressé, s'est ébroué et a quitté la pièce en passant sous le volet, rasséréné, rassuré, insouciant. Je l'ai regardé se faufiler et j'ai pensé que j'étais content de le revoir aussi, et surtout surpris de ce comportement si tendre. J'y repense souvent à ce moment avec un des chats qui ont peuplé ma vie. Un moment unique. Une preuve, oui.
Un chat heureux à Aoshima :
Une petite anecdote : un chat m'a un jour apporté la preuve que l'Amour existe. Voilà le topo. J'étais parti une semaine en vacances et j'avais laissé mon chat roux à la garde de ma voisine. Ce chat était un bagarreur, un branleur, il me toisait souvent du regard, il se roulait de plaisir sur les charognes de souris qu'il amenait sur ma terrasse (j'habitais au rez-de-chaussée). C'était un dur. Une vieille dame de ma connaissance m'a dit un jour que les chats roux étaient plus "patrons" que les autres. Ma voisine avait pour consigne d'ouvrir un peu le volet de la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin de la résidence le matin, et de le refermer le soir, laissant le chat dehors. Cela ne devait pas le gêner tellement puisqu'il passait toutes les nuits dehors en ma présence. Le jour où je suis revenu de vacances le chat était à la maison, il m'a vu rentrer dans l'appartement du bout du long couloir d'entrée et s'est dirigé vers la cuisine. Je l'ai appelé, j'ai posé mes sacs et je l'ai suivi. Il a fait semblant de renifler un peu sa pâtée, m'a évité alors que j'entrais dans la cuisine et s'est dirigé vers le salon et le volet ouvert. J'ai cru qu'il allait sortir. Et, là, tout à coup, il s'est allongé sur le flanc et m'a donné son corps entier à caresser. Je ne l'avais jamais vu faire ça, et je ne l'ai jamais vu le refaire après. Je lui ai labouré le flanc longuement à pleines mains, je l'ai caressé tout entier, des moustaches à la queue et je voyais dans ses yeux qui s'ouvraient et se refermaient lentement qu'il s'abandonnait entièrement au plaisir des retrouvailles, qu'il chassait ses angoisses de perte et d'abandon sous mon étreinte douce. Il semblait se dire : "Il est revenu, Dieu que c'est bon d'avoir cet humain dans le coin". Soudain, il s'est redressé, s'est ébroué et a quitté la pièce en passant sous le volet, rasséréné, rassuré, insouciant. Je l'ai regardé se faufiler et j'ai pensé que j'étais content de le revoir aussi, et surtout surpris de ce comportement si tendre. J'y repense souvent à ce moment avec un des chats qui ont peuplé ma vie. Un moment unique. Une preuve, oui.
Un chat heureux à Aoshima :
vendredi 6 mars 2015
Vrillé !
Chez moi, ce sont toujours les nerfs qui ont déconné le plus. L'interface quoi. Résultat, le réel m'a toujours été insaisissable, j'ai vécu dans l'Ether et j'ai été inlassablement éjecté du monde autant qu'incapable d'y agir vraiment. Un fumiste involontaire. Alors, j'ai passé beaucoup plus de temps à rêvasser à la Pop musique, à Debbie Harry et à son minou tout blond par exemple, qu'à apprendre à jouer de la guitare, et quand je me suis mis à en jouer, je me suis montré inapte à faire autre chose que de gratouiller (mal) trois accords et très prompt à m'en satisfaire, simultanément frustré, paresseux et auto-indulgent. Les nerfs, j'vous dis ! J'avais pourtant trouvé dans le Rock une forme d'Art qui correspondait à ma complexion physique et mentale et j'en ai jouis tant et plus. Ce sera ça jusqu'à ma mort.
En 1978, Blondie et Debbie Harry.
En 1976, The Nerves avec Peter Case et Paul Collins.
En 1978, Blondie et Debbie Harry.
En 1976, The Nerves avec Peter Case et Paul Collins.
Y'a bon l'Art !
Ca commence à tourner à l'obsession chez moi, l'idée que la Pop musique est un Art majeur. Voici, au hasard des écoutes, un titre des Undertones sorti en 1979 : "Mars bar". Je ne vois pas ce qu'un gauchiste mal emmanché ou un 'vert" rendu dément par le manque de produits chimiques pourrait ajouter à ce commentaire acéré et acerbe de la "Société de Consommation" (livre de Baudrillard) et de ses dérives. Voyez comment ils parlent (les Undertones) avec finesse de cet acte banal mais typique de la société avancée occidentale : manger une barre de Mars. Ca engage plein de choses, dérisoires et grandioses, de la politique de santé publique aux chansons de David Bowie, de la diététique à l'addiction morbide, du dopage aux dents gâtées et tout est là, sombrement et sobrement exposé. Je mets donc les paroles, vous allez voir, c'est très pertinent et nerveusement rebelle. ("Hey raid the Spar", ça veut dire "Hé, j'ai fait un raid sur le "U express" (pour acheter mon Mars)) Tout ça pour le prix d'un 45 tours, Waoouh ! Après, vous faites ce que vous voulez. Vous intégrez des groupuscules d’extrême gauche (ou droite), vous arrêtez les barres chocolatés, Vous passez au Nutella à haute dose...Moi, je pense que la meilleur chose à faire est d'écouter ce morceau en boucle en bouffant des Mars jusqu'à en devenir diabétique, c'est encore ce qu'il y a de plus chic à ce prix-là. Un peu esthète, quoi ! Non, plus sérieusement, savez-vous qu'après l'Art, il y a encore de l'Art ? Dieu que c'est bon. Miam-miam !
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
I never eat my dinner
I push away the plate
You can see I'm getting thinner
Because I just can't wait
To get my Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
To Patrick Moore and David Bowie
And all the other stars
There's evidence here to show you
That there's life on Mars
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
There's glucose for energy
Caramel for strength
The chocolate's only there
To keep it the right length
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
To anybody out there who still eats Twix
Or Bounty, or packets of Buttons
I gave them up when I was six
I hope your teeth are rotten
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
Work, rest and play!
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
I never eat my dinner
I push away the plate
You can see I'm getting thinner
Because I just can't wait
To get my Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
To Patrick Moore and David Bowie
And all the other stars
There's evidence here to show you
That there's life on Mars
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
There's glucose for energy
Caramel for strength
The chocolate's only there
To keep it the right length
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
To anybody out there who still eats Twix
Or Bounty, or packets of Buttons
I gave them up when I was six
I hope your teeth are rotten
I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
Work, rest and play!
lundi 29 décembre 2014
2014 : Jazz is going down (up?) with Snarky Puppy
Et le Jazz ? Et le Jazz en 2014 ? Bof, c'est poussiéreux, ça tourne en rond, c'est vieux, c'est mort. Dans dix ans le Rock en sera au même point. Plus rien à en tirer d'actuel, de contemporain. Pourtant, des petits jeunes ou des vieux malabars continuent à en faire et du bien jeté. Évidemment ce n'est que de la resucée de untel et untel, il serait faux de dire que ça vient de sortir de l’œuf, néanmoins, ça frétille parfois suffisamment de la queue pour qu'on en fasse notre quatre heures. Zappa disait "Le Jazz n'est pas mort, il a juste l'air bizarre" ("It just smells funny"). En dehors de la fixette habituelle de Zappa pour les odeurs on peut dire, grosso modo, que c'était vrai à son époque. Là, c'est fini, on retourne juste le cadavre de temps en temps comme il se doit et on remarque que le salopard a encore de bien belles sapes, toujours les mêmes mais classe. Zappa fait justement partie de ce qu'on entend quand on écoute la bande de joyeux drilles qui s'active sous le nom de Snarky Puppy, mais aussi Weather Report et Stanley Clarke. Si Zappa est bien mort, Clarke est bien vivant. Ca ne l'empêche pas de se recycler avec plus ou moins de bonheur comme tout le monde "ad vitam aeternam" et même "ad nauseam". Mais là n'est pas le sujet. Le sujet c'est ce collectif de Texans installés à New-York, qui oscille entre 10 et 40 musiciens et qui trouve dans le corps fraîchement embaumé du Jazz matière à exprimer leur vitalité, leur énergie, leur maestria sans-gène pour les aînés. C'est assez revigorant, il faut bien le dire et ça en viendrait presque à cacher l'odeur de décomposition qui plane sur Congo Square. Et pour tout dire, pendant quelques minutes, ça fait la blague. Et on se croirait revenu 30 ans en arrière sans que le passé nous remonte trop à la gorge tant les petit gars semblent éprouver une joie vitale à jouer et tant ils nous la font partager. Comme quoi, les petits arrangement avec les morts permettent encore d'éviter que leur poids suffocant ne nous étouffe prématurément. Je dis ça, c'est valable dans tous les domaines. Dans le Jazz, c'est juste très marqué, ce qu'il faut faire pour rester en vie malgré tout. Néanmoins, si vous le faites, ça peut aussi être un élixir de longue vie. Pensez-y.
Je mets deux morceaux "What about me" et "Lingus".
En guise de post-scriptum, je voudrais juste signaler quelque chose : que parmi une flopée d'artistes vocales qui n'en finissent plus de mâchouiller leur scat en français dans le texte (Diane Reeves, Stacey Kent and Co...) se dégage, singulière et neuve, la voie puissante et rebelle de Youn Sun Nah, qui se tire haut la main de ce qui pourrait être les pires naufrages (comme la relecture de "Dark Side Of the Moon" arrangée pour Big Band électrifié par Nugyen Le ! Si, si ça existe !). La preuve par l'image Et le son dans cette reprise impeccable du casse-gueule "Avec le temps" de Léo Ferré.
Je mets deux morceaux "What about me" et "Lingus".
En guise de post-scriptum, je voudrais juste signaler quelque chose : que parmi une flopée d'artistes vocales qui n'en finissent plus de mâchouiller leur scat en français dans le texte (Diane Reeves, Stacey Kent and Co...) se dégage, singulière et neuve, la voie puissante et rebelle de Youn Sun Nah, qui se tire haut la main de ce qui pourrait être les pires naufrages (comme la relecture de "Dark Side Of the Moon" arrangée pour Big Band électrifié par Nugyen Le ! Si, si ça existe !). La preuve par l'image Et le son dans cette reprise impeccable du casse-gueule "Avec le temps" de Léo Ferré.
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mercredi 26 novembre 2014
Avortez en chanson, les filles !
La loi autorisant l'avortement en France à quarante ans. J'admire Mme Veil. En hommage à celle qui n'est pas un de ces êtres vacillants, éternellement mineurs, qui ne savent pas aimer et aux pieds desquelles rampent les hommes pour étriller un bout de viande, je mets cette chanson problématique des Sex Pistols car anti-avortement, "Bodies". Plus violent, tu meurs. Comme un avortement.... Ah, non, un avortement, même en douceur, tu meurs de toute façon. Cessons d'être les esclaves de ces créatures qui existent à peine. Faisons leurs des mômes à qui mieux-mieux, ça les aidera à prendre conscience de ce qu'elles sont (à de très rares exceptions près) : de prétentieuses et brutales infirmes. Pourquoi cette chanson réactionnaire de la part des Sex Pistols ? Oh, c'est assez simple. Les Punks, ce n'est pas ce qu'on croit. Ils pensent : mais pourquoi la vie est-elle si merdique alors que ce pourrait être le Paradis sur la Terre ? Ils se prennent le mur à longueur de temps, tant et si bien qu'ils finissent par déclarer le mur seule réalité possible et enviable par une inversion post-romantique desespérée. Parfois cependant, ils se laissent aller à leur inébranlable bon fond. C'est le cas ici, ou Johnny Rotten laisse éclater son dégoût d'une réalite qu'il sent pouvoir être totalement autre. Des enfants partout, lui, ça ne le gènerait pas. Les punks, les vrais, ne sont plus de ce monde depuis longtemps. Ils sont morts d'excés de capacité à vivre à fond à la fin du premier tour de circuit. Le mur. Les morts-vivants continuent de tourner dans un lent auto-avortement. C'est moi, c'est vous.
Les paroles :
Les paroles :
She was a girl from Birmingham
She just had an abortion
She was a case of insanity
Her name was Pauline, she lived in a tree
She just had an abortion
She was a case of insanity
Her name was Pauline, she lived in a tree
She was a no one who killed her baby
She sent her letters from the country
She was an animal
She was a bloody disgrace
She sent her letters from the country
She was an animal
She was a bloody disgrace
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
Dragged on a table in a factory
Illegitimate place to be
In a packet in a lavatory
Die little baby, screaming
Illegitimate place to be
In a packet in a lavatory
Die little baby, screaming
Body, screamin', fucking bloody mess
Not an animal, it's an abortion
Not an animal, it's an abortion
Body, I'm not an animal
Mummy, I'm not an abortion
Mummy, I'm not an abortion
Throbbing squirm
Gurgling bloody mess
Gurgling bloody mess
I'm not a discharge
I'm not a loss in protein
I'm not a throbbing squirm
I'm not a loss in protein
I'm not a throbbing squirm
Fuck this and fuck that
Fuck it all and fuck the fucking brat
She don't wanna baby that looks like that
I don't wanna baby that looks like that
Fuck it all and fuck the fucking brat
She don't wanna baby that looks like that
I don't wanna baby that looks like that
Body, I'm not an animal
Body, an abortion
Body, an abortion
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
An animal, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
An animal, I'm not an animal
I'm not an animal, an animal
I'm not an animal, I ain't no animal
I'm not an animal, I ain't no animal
I'm not a body
I'm not an animal, an animal
I ain't no animal, I'm not an animal
I'm not an animal, Mummy
I'm not an animal, an animal
I ain't no animal, I'm not an animal
I'm not an animal, Mummy
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We won't get fooled again
mardi 25 novembre 2014
Des nouvelles du Rock : Joujou.
L'autre jour, j'ai vu un très bon groupe de Rock à Rennes, un duo nommé Joujou. J'ai chopé l'article d'un enervé de la plume qui se laisse aller à la dithyrambe de manière exagérée mais pas si conne. Je le mets.
"
:joujoujoujou.wix.com/joujou
"
C'est le
20/11/14 au soir que le duo originaire de Bayonne, Joujou, s'est
produit à l'Antre2Café, le café associatif de la rue Papu et y a
déclenché l'enthousiasme d'un public certes peu nombreux mais
choisi. Joujou ? C'est joli comme nom, mais qu'est ce c'est au
juste ?
Et bien
Joujou ce sont des mélanges ultra-toniques et super-soniques à
finir de vous réveiller les morts-vivants que nous sommes tous plus
ou moins et à transmuter les chagrins et les questions en vif
argent. Tout d'abord, il y a cet homme et cette femme. Opérateurs en
Arts sonores divers et Poésie à mach 3. Benjamin, à la fois
bonhomme et nerveux, est derrière sa batterie ou bidouille des
samples mélodieux et bizarres à partir d'un simple élastique
trituré. Branché sur sa comparse, il assure une dynamique mordante
et débridée à l'ensemble. Agnes, branchée sur son comparse,
silhouette svelte enserrée de noir de pied en cap chante, hurle,
danse et joue sur une petite mitraillette de bois, tout à fait
«Joujou», qui se révèle être une basse à une corde
qu'elle martyrise sans relâche et qui, pas chienne, le lui rend
bien. A eux deux, ça pastèque, ça « groove » et ils
dégagent une énergie roborative comme j'en ai rarement vue et
reçue.
De ce duo
bien assorti naît focément un fameux mélange, une sauce piquante
qui prend d'entrée de jeu. La voix forte d'Agnes d'un coté hurle à
travers la réverbération et s'envole sur le tapis de déboulés de
batterie savamment libertaires venus de celui de Benjamin. Ils se
regardent, se connaissent, sont en phase, et, comme on dit,
«méchamment Rock, n' Roll». C'est un Joujou qui tourne
et virevolte et se scratche, un Joujou pour les grands. S'en suit un
concert impeccable qui alterne (et mélange) les morceaux
bruitistes au format chanson, les hymnes poétiques dit/criés, les
poèmes parlés doucement et des envolées free-jazz stratosphériques
que je n'hésiterai pas (je ne crains personne pour les adjectifs) à
qualifier d'afro-punk ! Quelqu'un dans la salle crie «Fucking
Rock n Roll». Mon dieu ! Mais c'est moi qui parle en
langues ! Sors de ce corps, mon Amour!
Joujou fait
ainsi montre d'une énergie débordante et contrôlée pendant un
temps que l'on ne voit pas passer tant est forte l'intensité des
textes (magnifique injonction magique : «Prends
forme!»), du son, de l'implication scénique. On finit
essoufflé, un rien « destroy » mais diablement heureux,
de ce bonheur paradoxal qu'éprouvent parfois les malheureux quand
ils subliment leur peine. Il y a chez Joujou quelque chose de
primitif et d'urgent qui fait se craqueler le vernis du sourire que
l'on se met sur la bouche parfois quand on voudrait pleurer. Grâce à
Joujou,«ça» sort, ça prend sens, et, en plus, ça se
danse.
Il est
certain que ces Joujou là nous aurons envoyés en l'air un peu plus
que des maquettes Heller, même grand-format, et c'est très bien
comme ça. Seuls les sales gamins méritent de vilains jouets. Les
plus beaux, les plus déjantés.
- Alors Maman, tu me le donnes ce Joujou ?
- Uniquement si tu n'est pas sage, mon chéri, uniquement si tu n'es pas sage...."
:joujoujoujou.wix.com/joujou
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lundi 6 octobre 2014
Toutes les années sont importantes.
Pour donner une suite un tant soit intelligente au post précédent je vais mettre plusieurs vidéos. Tout d'abord, je vais rendre un hommage simultané et appuyé à Bob Mould et Grant Hart en mettant deux morceaux de leurs faramineux premiers albums solos. Si vous êtes un peu mélomane, je pense que vous allez ressentir la qualité des deux extraits.
Bob mould : "Whishing Well", précédé du très mélodieux "Sunspots".
Grant Hart : "All of my senses" Du grand (H)Art. Ça me fait frissonner à chaque fois.
Et puis j'ai dit que la reprise de "Wonderwall" par Ryan Adams était bonne Je la mets donc.
Bob mould : "Whishing Well", précédé du très mélodieux "Sunspots".
Grant Hart : "All of my senses" Du grand (H)Art. Ça me fait frissonner à chaque fois.
Et puis j'ai dit que la reprise de "Wonderwall" par Ryan Adams était bonne Je la mets donc.
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vendredi 26 septembre 2014
Un problème très populaire : Léonard Cohen.
Alors lui, c'est pire que tout. Pire que McCartney qui a 72 ans, pire que Mick Jagger qui en a 71 (celui-là, il a des mômes partout, j'ai essayé de comprendre sa parentèle c'est du délire. Dans 500 ans la moitié de la planète aura des gènes du lippu londonien dans la moelle épinière) Lui, Léonard Cohen, il a 80 ANS ! 80 BALAIS ! 80 PRINTEMPS ! (Il faudrait que je trouve 80 façons de le dire mais je crains d'être un peu court) et il sort un nouvel album. Moi, il m'épuise, Cohen; il me subjugue, il me fait chier, il me ravit ! 80 ANS et un album bon comme la garenne ! Provocation du lobby (toujours plus puissant, avec Dylan en leader embusqué) du 4eme âge ? Délinquance sénile portée à sa plus extrême sauvagerie ? Sempiternelle classe inusable après laquelle je pourrais courir trois vies d’affilées sans en atteindre la moindre parcelle ? C'est tout simplement insupportable ! Et bon, toujours aussi bon, bon comme le bon pain, bon à pleurer ! L'album s'appelle "Popular Problems". Il parle de lui, entre autres, où quoi ? Parce que moi, les octogénaires en tournée mondiale, ça me questionne sérieusement ! S'il passe en concert par chez moi, j'irais le toucher, comme on touche un morceau de la vraie Croix ! Léonard Cohen, 80 ANS ! relique du Rock ! VIVANTE ! Il parait que son cardiologue se fait passer un ECG tous les jours pour être sûr de tenir jusqu'aux obsèques. Chez les bookmakers anglais, pour le prochain sur la liste à rejoindre notre Créateur, sa cote est à 35/1 et celle du Pape François à 4/1. Y'a pas photo ! Tout cela me colle un blues ! Un seul remède, soigner le mal par le mal, écouter le dernier (Ah, Ah, Ah ! Je vais devenir fou !) Léonard Cohen.
Léonard Cohen (après Nirvana) : Nevermind.
Un peu de Poésie :
The war was lost
The treaty signed
I was not caught
I crossed the line
I was not caught
Though many tried
I live among you
Well disguised
I had to leave
My life behind
I dug some graves
You’ll never find
The story’s told
With facts and lies
I had a name
But never mind
Never mind
Never mind
The war was lost
The treaty signed
There’s truth that lives
And truth that dies
I don’t know which
So never mind
Your victory
Was so complete
That some among you
Thought to keep
A record of
Our little lives
The clothes we wore
Our spoons our knives
The games of luck
Our soldiers played
The stones we cut
The songs we made
Our law of peace
Which understands
A husband leads
A wife commands
And all of this
Expressions of
The Sweet Indifference
Some call Love
The High Indifference
Some call Fate
But we had Names
More intimate
Names so deep and
Names so true
They’re blood to me
They’re dust to you
There is no need
That this survive
There’s truth that lives
And truth that dies
Never mind
Never mind
I live the life
I left behind
There’s truth that lives...
I could not kill
The way you kill
I could not hate
I tried I failed
You turned me in
At least you tried
You side with them
Whom you despise
This was your heart
This swarm of flies
This was once your mouth
This bowl of lies
You serve them well
I’m not surprised
You’re of their kin
You’re of their kind
Never mind
Never mind
The story’s told
With facts and lies
You own the world
So never mind
Never mind
Never mind
I live the life
I left behind
I live it full
I live it wide
Through layers of time
You can’t divide
My woman’s here
My children too
Their graves are safe
From ghosts like you
In places deep
With roots entwined
I live the life
I left behind
Léonard Cohen (après Nirvana) : Nevermind.
Un peu de Poésie :
The war was lost
The treaty signed
I was not caught
I crossed the line
I was not caught
Though many tried
I live among you
Well disguised
I had to leave
My life behind
I dug some graves
You’ll never find
The story’s told
With facts and lies
I had a name
But never mind
Never mind
Never mind
The war was lost
The treaty signed
There’s truth that lives
And truth that dies
I don’t know which
So never mind
Your victory
Was so complete
That some among you
Thought to keep
A record of
Our little lives
The clothes we wore
Our spoons our knives
The games of luck
Our soldiers played
The stones we cut
The songs we made
Our law of peace
Which understands
A husband leads
A wife commands
And all of this
Expressions of
The Sweet Indifference
Some call Love
The High Indifference
Some call Fate
But we had Names
More intimate
Names so deep and
Names so true
They’re blood to me
They’re dust to you
There is no need
That this survive
There’s truth that lives
And truth that dies
Never mind
Never mind
I live the life
I left behind
There’s truth that lives...
I could not kill
The way you kill
I could not hate
I tried I failed
You turned me in
At least you tried
You side with them
Whom you despise
This was your heart
This swarm of flies
This was once your mouth
This bowl of lies
You serve them well
I’m not surprised
You’re of their kin
You’re of their kind
Never mind
Never mind
The story’s told
With facts and lies
You own the world
So never mind
Never mind
Never mind
I live the life
I left behind
I live it full
I live it wide
Through layers of time
You can’t divide
My woman’s here
My children too
Their graves are safe
From ghosts like you
In places deep
With roots entwined
I live the life
I left behind
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