Affichage des articles dont le libellé est Gender Fucker. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gender Fucker. Afficher tous les articles

lundi 4 juin 2018

Give the people what they want.

Il y a ce qui est bon; il y a ce qui est mauvais; et il y a ce qui est génial. Ces derniers trucs se situent au-delà du goût -du bon ou du mauvais goût- dans ce qui tombe pile-poil, ce qui vient coller serré à toute une société qui n'attendait que ça pour adhérer et qui trouve là l'expression de ce qu'elle est, de ce qu'elle devient, en profondeur et en surface.
Le dernier single (et surement l'album) de Christine and the Queens est de cet ordre, de ce calibre. Il colle à ce début de XXI siècle complètement, totalement, il en montre la nouveauté absolue, quelque chose de l'ordre du changement définitif, d'une évolution sans-retour. Un parfum nouveau qui trainait dans l'air se cristallise en une fragrance forte, là, maintenant, et à jamais. Ce n'est pas pour moi, moi, je suis un homme du XXe siècle. Mais ça ne m'empêche pas de sentir l'effluve de la nouveauté, de l'actualité, les ruptures qui s'opèrent dans l'histoire des hommes et des femmes et d'en être bouleversé. "Chris", ce petit bout de nom, ce petit bout de femme est le tocsin bigrement sonore et puissant d'une (r)évolution, d'un basculement. Tout a changé, tout va changer. Weinstein est un dinosaure. Il y a maintenant la possibilité pour tous d'un épanouissement trans-genre, sexuellement et humainement, d'une multiplicité assumée de postures et de palettes d'émotions, démultipliées par X; d'un hédonisme omni-directionnel qui ne se laissera pas enfermé dans une dégradation spirituelle; le corps libéré et pas repris par une tête coupable; un sentiment de la faute qui s'exercera ailleurs, mais plus là où moi, homme du XXe, je n'allais qu'avec précaution et appréhension.
Voici quelque chose de génial. Et ce n'est pas étonnant que Dam Funk, émanation eighties remixée drogué, porn-junkie, soit de la partie. Le clip étant meilleur (je dis bien le clip, pas la chanson. Mais la clip est meilleur parce que la chanson en anglais est meilleure) je met celui-là.

J'ai vu l'autre jour au supermarché un couple et ses trois garçons. La femme ressemblait à une star du X, tatouages et rouge à lèvres brique, jupe courte et jambes musclée; elle était totalement sexy et avait l'air complètement libérée des questions de "qui encule qui et quoi". Son compagnon, tatoué ras du cou et coiffé racaille semblait absolument zen, pas du tout concerné par la fait que tous les hommes qui croisent sa femme fantasment méchamment sur elle. Elle est avec lui et elle fait ce qu'elle veut de toute façon. Les mômes, dont les âges s'étageaient de 6 à 10 ans éprouvaient leur puissance dans des joutes fraternelles et bruyante en inventant des danses, reprenant les pas qu'ils ont vu dans le clip ci-dessus, dans l'indifférence totale et la confiance absolue de leurs parents. Ils étaient drôlement à la cool et  exhibaient un bien-être sans faille. Un couple du XXI siècle bien dans sa peau.
A part ça, je rêve maintenant que j'encule Blanche Gardin et qu'elle me rend la pareille et ça me semble normal ? Non ? Ben si.

dimanche 13 mars 2016

Anomalie dans le programme.

Vous savez quoi ? J'ai les boules. Ca va bientôt faire cinquante deux ans que j'ai les boules et je fatigue. Je ne chante plus, j'ânone. La preuve. 3 minutes 17 secondes de malheur.

Ne me restent que les yeux de ma mère pour pleurer. En français : "...nager dans la bouse."

vendredi 17 juillet 2015

La reine Lear.

La question n'est pas de savoir si Amanda Lear est baisable. Il suffit de taper "Amanda lear nue" sur Google pour se rendre compte de l'intérêt de la personne sur le plan sexuel, qu'elle soit une femme ou un homme d'ailleurs. Non, la question est de savoir si elle est aimable, oui aimable, c'est à dire de savoir si elle est autre chose qu'une ombre. On constate, à l'écouter, une certaine consistance, une colonne vertébrale, un charisme, une féminité grave et conquérante. Elle est tout sauf conne, elle peint bien, ses chansons sont dignes d'intérêt (surtout son hymne disco "Follow me"). Moi je l'aime bien pour des petits riens, des petites choses, des présences là au bon moment. C'est minuscule mais parlant. Par exemple quand elle posa pour la pochette du deuxième album de Roxy Music, le groupe le plus indéchiffrable de tout l'histoire de la Rock Musique (génial, nul ?), "For your pleasure".
Et quand Dali l'improvisa muse, ce fût un coup de maître de la part de celui de Figueras. Et les couilles ?...Et les couilles...Et la bite ?...Et la bite... Une vraie corrida. Elle collait bien dans l'imagerie de Dali. En soit, c'est une preuve de plus de consistance (de "corones"?). Il fallait, pour lui, que la façade fascine d'entrée. Ses entrées, étaient d'ailleurs ce qu'il soignait le plus. Dans le décor, Amanda était chic et choc. Elle flashait. Un petit cliché en or dur.
Un autre, moins mis en scène, à peine moins ardent, que dis-je, plus ardent !
Homme, femme, créature, muse, cocotte, mais pas ombre, avec un visage comme le sien elle avait tout pour se ballader aux limites de la royauté et de la pacotille, excéder ses formes, être dans la lumière. Elle le fit plutôt sagement au fond, avec précaution et malignité. Il restera d'elle quelques images et un tube en béton, c'est suffisant pour la deuxième moitié du XXième siècle, une époque si pauvre en beauté, si riches en images.




jeudi 4 décembre 2014

Gaël say : "No more" !

Quand j'étais gamin, enfin vers vingt ans quoi, j'écoutais tout l'album de Frankie Goes to Hollywood et je pleurais. Cette album était une déclaration au monde. Il disait qu'il fallait s'éclater avant de crever, écouter de la bonne musique, beaucoup danser, enculer les politiques et leur peur et puis exploser. Non, il ne fallait pas exploser, ça, c'était pas bon, pas dans le tempo, dans l'air du temps. Après tout, on pouvait prendre un max de plaisir sans s'envoyer des mégawatts de souffrance en guise de pénitence ? Faire la bombe ne voulait pas dire sauter avec elle, non ? ("le sida allait vous faire payer ça, tas de morveux", répondait le monde)  Alors, sur le double album, il y avait des chansons qui étaient de brillantes tirades à la face du globe terrestre contre la fumisterie politique, c'était "Relax" et Two tribes", il y avait aussi des reprises canons qui nous indiquaient quoi écouter, vers où se tourner, c'était le "War" d'Edwin Starr et le "Born to run" de Sprinsteen. Les deux proclamaient aussi l'urgence de vivre, vite, à pleines dents. Et puis il y avait "The power of love", hymne d'amour intriguant, parfait, larmoyant; c'était trop, on en pouvait plus. Alors le dernier morceau s'appelait "Bang". Vous voyez bien que ça va sauter ! Et bien non, car à l'ultime seconde il y avait cette phrase libératrice, salvatrice des FGTH : "Frankie say : no more". Ca peut paraître idiot, décalé, infantile, mais c'était les seuls à me le dire ce "no more". Alors, peut-être que le merdier allait s'arrêter, parce que Frankie le demandait, parce qu'il le fallait, pour rester en vie sous la pression, sous les bombes, avec les coups de têtes contre les murs qui, eux, se rapprochaient comme des charognards. Frankie le disait, je les entendais mais c'était tellement dur à faire par moi-même que, quand je les entendais me le dire, je pleurais de bonheur et de souffrance à la fois. Ecoutez ça, ça monte, ça monte, on a peur que ça finisse mal ("forcément mal" aurait dit Duras), et puis non, ça tombe, ça lâche et voilà, on a plus mal, c'est fini pour cette fois et on chiale. C'est normal. Vous savez, quand votre ami le Rock n' Roll vous a apporté et vous apporte ce genre de choses, votre vie n'est plus imaginable sans lui. Des larmes, et aussi, parfois, le bonheur.

L'album commençait par le morceau ci-dessous. C'est une espèce d'appel envoyé à tous les plaisirs qui finit, au terme d'une course endiablée ou est invité le poète anglais Coleridge, par un "Welcome !" tonique. En fait, les morceaux de cet album sont sous l'emprise de leur producteur qui est plus grand qu'eux, quasi monstrueux, comme avait pu l'être Phil Spector en son temps. Je veux parler de Trevor Horn, responsable d'une bonne partie du son des eighties. Pour le pire ou pour le meilleur ? Bof, il est carrément au-delà du bien et du mal,Trevor Horn. C'est là, c'est lui, c'est comme ça, ça s'impose et faut faire avec. "Welcome !". Les Choeurs : "Shooting stars never stop, even when they reach the top !!!".

In Xanadu did Kubla Khan
A stately pleasure-dome decree:
Where Alph, the sacred river, ran
Through caverns measureless to man
   Down to a sunless sea.
So twice five miles of fertile ground
With walls and towers were girdled round;
And there were gardens bright with sinuous rills,
Where blossomed many an incense-bearing tree;
And here were forests ancient as the hills,
Enfolding sunny spots of greenery.

But oh! that deep romantic chasm which slanted
Down the green hill athwart a cedarn cover!
A savage place! as holy and enchanted
As e’er beneath a waning moon was haunted
By woman wailing for her demon-lover!
And from this chasm, with ceaseless turmoil seething,
As if this earth in fast thick pants were breathing,
A mighty fountain momently was forced:
Amid whose swift half-intermitted burst
Huge fragments vaulted like rebounding hail,
Or chaffy grain beneath the thresher’s flail:
And mid these dancing rocks at once and ever
It flung up momently the sacred river.

jeudi 7 août 2014

Gerhard Richter ou l'agonie de la peinture

J'ai le sentiment qu'il existe une très grosse arnaque aujourd'hui sur le peintre allemand Gerhard Richter. Je lis un peu partout qu'il montre par ses toiles que "la peinture n'est pas morte" et à moi il me semble que c'est tout le contraire, qu'il a réussi la gageure de détruire la peinture tout en en vendant, dans sa définition canonique, à des prix défiants toute concurrence. Il n'a fait que reprendre le geste de Duchamp et l'a appliqué avec toiles, pinceaux et huiles. C'est définitivement malin et même un sacré programme, mais c'est stérile. Allons-y. Prenons sa première période, celle des photos peintes, qu'il rend floues. Il nous faut partir d'un constat amer : rares sont les photos, d'où qu'elles viennent, où on voit quelque chose ; la plupart du temps, 99 % du temps, on ne voit rien et on s'en fout, on regarde et on oublie : par son floutée il renvoie la photo à son néant mais fait entrer la Peinture dans le sien puisqu'elle n'arrive plus à exprimer sa vertu première qui est de "faire voir". Ainsi dans les toiles de Richter de cette époque il n'y a "rien" à voir sinon la mort de la peinture, d'ailleurs il aime à reprendre cette phrase de John Cage : "Je n'ai "rien" à dire et je le dis". Le flou, c'est la corbeille de l'ineptie dans laquelle passe la peinture, un échec à dire quelque chose, sinon "rien". Pourtant, lui-même parle d'effets positifs de la peinture, de la création. Il ne peut que mentir. Je suis sûr qu'il pense le contraire. Pour lui l'Art ne fait pas "sens", pas plus que pour Duchamp ou Warhol, et les effets "positifs" de la création sont ceux qu'il peut mesurer sur son compte en banque ou sa santé (peindre comme "chier"). Prenons maintenant ces toiles abstraites. On aurait envie de dire "compositions", sauf que non, c'est tout sauf des compositions. D'après ce qu'il dit il semble qu'il se laisse aller à peindre (gribouiller?) jusqu'à ce qu'il lui semble bon de s'arrêter. Où est la nécessité de la forme ? Ou sont les lignes de force ? La vision ? Quand un peintre abstrait pose la première touche de peinture sur sa toile elle est DEJA finie, ça n'a plus qu'à couler de source dans la joie de l'effort. La peinture abstraite serait donc une sorte de vide-tête, vide-poche ou l'on met tout et rien, en tout cas rien de sensé, rien de senti ? Ce serait trop simple, c'est tout simplement faux et il faut regarder les toiles abstraites de Richter pour se rendre compte que ça engendre de la laideur. Mais ça complète sa démarche et dynamite les us de la peinture abstraite dans ce qu'elle produit de meilleur. Ça tue ce pan-là de la création picturale avec les armes mêmes de la peinture. Il n'y a nulle surprise alors à ce que Richter peigne "le nu descendant l'escalier" de Duchamp, tableau impossible car "non" définitif à la peinture. Ce paradoxe n'en est pas un, c'est Richter qui est malhonnête avec qui ne sait pas voir en évoquant un "positif" de la peinture car ce positif, s'il existe bien, n'est absolument pas de son coté. Lui, il détruit, il nuit, il annihile, sans rendre à la Vie ce que lui doit l'Homme, créature né pour la représentation, et peut-être, de la représentation.
Le seul intérêt positif que je voie à la chose c'est sa morbidité. D'ailleurs propre aux portraits photographiques.
Ca, je sais pas ce que ça veut dire.
Et une vanité avec un crane à l'envers. Ben tiens, mon cochon !
Bon, au-dessous, j'ai mis un grand maître de l'Art Abstrait pour bien faire la différence.





lundi 30 décembre 2013

Choisissez le sexe de votre enfant.

Tu vois, il y a ça : "My old flame", ça dit que rien n'a de valeur à coté de cet amour ancien qui a tout cramé ; que c'est du pipeau, de la gnognotte, ce qui arrive maintenant, à coté de la source, de l'incendie originel. Ce n'est chanté que par des femmes ce truc, de Mae West, à Billie Holiday. Pourtant, je connais cette impression. Alors, je suis une femme.
Peggy Lee.

My old flame
I can't even think of his name
But it's funny now and then
How my thoughts go flashing back again
To my old flame
My old flame
My new lovers all seem so tame
For I haven't met a gent

So innocent or elegant
As my old flame

I've met so many men
With fascinating ways
A fascinating gaze in their eyes
Som who sent me up to the skies
But their attempts at love
Were only imitations of
My old flame
I can't even think of his name
But I'll never be the same
Untill I discover what became
Of my old flame

I've met so many men
With fascinating ways
A fascinating gaze in their eyes
Som who sent me up to the skies
But their attempts at love
Were only imitations of
My old flame
I can't even think of his name
But I'll never be the same
Untill I discover what became
Of my old flame
Et puis il y a ça :" Next girl", ça me plaît bien. Pourquoi se faire du mouron ? Les femmes, c'est pas ça qui manque. Alors, la suivante, je vais me la soigner. Lubricité, second degré, et du doigté, surtout du doigté. Allez, Bébé, viens par là. Jusqu'à la prochaine station de métro au moins. Voilà, t'es pas bien là, hein ? C'est joué et chanté par deux mecs. Alors, je suis un mec.
The Black Keys

mercredi 11 décembre 2013

Lou Reed est-il mort ?

C'est bizarre quand même, Lou Reed est mort il y a un mois et il fait encore de la pub pour un équipement Haute-Fidélité. Voyez ci-dessous.

 Je vais lui filer un coup de pieu dans le coeur à cette vieille vache, histoire qu'il vienne plus nous casser les couilles avec des sentences du genre" My life is music"
Déjà, prends ça dans ta face, Lou, ça va te calmer un peu.

Je te conseille d'écouter ça au casque, bien fort, poète de la marginalité de mes deux.

mardi 29 octobre 2013

" Lou Raide is crashed" : Maïtre Ludovici (Arbitre)

Lou Reed est mort. Plutôt que de me lancer dans un panégyrique qui viendrait s'ajouter inutilement à ceux qu'on peut lire un peu partout, je vais essayer de dire quel a été mon rapport à cet homme tout au long de ma vie, qu'il a largement accompagnée.
Vers 12 ou 13 ans j'écoutais "Rock n' roll Animal" sur un magnétophone à pile en contemplant les étoiles avec un ami plus âgé que moi, allongés sur les pelouses bien tondues de la résidence où nous habitions. Les volutes de guitares entremêlées de l'intro de "Sweet Jane" me paraissaient une des choses les plus enchanteresses du monde. Plus tard, je ne pus ré-écouter ces notes sans déplaisir tant cela sentait la boursouflure et le Rock planant des 70's, mais pour le moment, dans la tiédeur d'une nuit d'été, nous confiant, mon ami et moi, des pensées et des envies profondes, cela me semblait une des choses les plus délicieuses que j'aie jamais entendue. La pochette et le nom de la cassette ne laissait pas de m'inquiéter et surtout la pause du blondinet qui l'ornait.
En grandissant, je me suis familiarisé avec la musique de Lou et de son groupe le Velvet, sans pour autant en devenir un inconditionnel. Je laissais à un ami auquel je pense ce soir le soin de devenir fan de l'artiste. Maxime doit être bien triste ces jours-ci.
Il y eut un drame dans ma vie. En conséquence de quoi, je me suis retrouvé dans une minuscule chambre de bonne à faire semblant d'aller à la fac, noyant ma dépression dans l'écoute de musiques tristes. Ma vie racornie par le manque d'argent ne me laissait que le plaisir malsain de ne pas me réveiller avant 13 heures et celui de manger de temps en temps de gigantesques croissants aux abricots. Au lieu de cela, j'aurais bien sûr du m'abreuver à des puits de savoir et m'accrocher aux seins fermes des jeunes femmes, mais non, mon état était par trop morbide.
Là, j'ai rencontré Lou Reed. J'ai acheté son album "Berlin", Dieu sait pourquoi et j'y ai frotté mon désespoir languide, et il m'a doucement, sournoisement, atrocement bercé. J'ai écrit quelques très beaux poèmes à cette époque, j'ai même fait le seul dessin à peu près potable de toute ma vie, je devenais un artiste triste et sophistiqué sous l'influence délétère de ce que j'écoutais jusqu'à plus soif ; toute cette musique de Dandy camé sertie d'arrangements mirifiques. Ah, combien de fois ai-je écouté les flûtes infernales de l'intro de "Sad song" ? Et les cris désespérés des gosses de "The kids" ? Ca avait de tout temps été les miens. Et il y avait un Mur à Berlin, et j'y fracassais ma cervelle sans cesse. Oh, ce petit filet de voix maladif de Lou ! Qu'il se glissait chaque jour un peu plus en moi en me vidant de ma vitalité. J'aurais pu mourir. Au lieu de cela, au moment où ça devenait tangent, on m'a trouvé du travail et je me suis accroché à la vie. Voilà le plus près que j'ai été de Reed.
J'ai laissé tomber Lou Reed jusqu'en 1989 et son album "New-York", celui de la résurrection....Je suis allé le voir en concert à l'Olympia. Le Concert était formidable. Quelques années plus tard j'ai eu honte pour mes amis qui se sont précipités au même Olympia pour voir Le Velvet reformé, alors qu'ils nous bassinaient depuis des lustres avec l'aura impeccable de groupe sans concession au succès du dit Velvet. Il y aurait des choses à dire sur la fidélité à ce qu'on peut être, sur les reniements qu'on doit faire à contre-coeur par force et ceux que l'on fait sans se l'avouer vraiment, qui ne sont au fond que l'aboutissement d'une tendance profonde qui s'émancipe de trop d'illusions qu'on se donnait à soi-même. Lou en connaissait un bout à ce sujet. Dans les années 90 et 2000, il a régulièrement donné de bonnes choses. Il est mort dimanche dernier après une vie bien remplie. Il ne devait pas être facile à vivre mais pas complètement mauvais non plus avec un sacré sens de l'humour bien noir. Il n'aurait jamais tenu si longtemps sinon.
Un clip en forme d'indice pour l'humour. "Modern Dances". 2000

Je mets celle-là parce que Lou y évoque un épisode fondamental de sa vie : les électrochocs qu'on lui a fait subir à son adolescence pour le "guérir" de ses tendances homosexuelles". Ca c'est vraiment ignoble. Il en fait une chanson enragée : "Kill your sons".1974

mardi 12 mars 2013

samedi 19 janvier 2013

Oshima : "La corrida des sens"

Nagisa Oshima est mort. Un des derniers  papys parmi ceux qui pratiquent encore  (ou pratiquaient il y a peu) le VRAI cinéma. Qu'est ce que c'est que le "vrai cinéma" ? Un moment de la réalité ou la technique à permis l'émergence d'un Art (le septième) en adéquation avec ce que la même technique permettait à la société d'être : un Art véritable dans une Société réelle. Ca s'est terminé au début des années 8O, la technique a changé la Société, devenue Simulacre ou Avatar de la réalité, le cinéma est devenu du post-cinéma, sa technique a également changé, Avatar de lui-même dans ces auto-références (Les frères Cohen, Tarentino..) ou dans ses extensions pénibles de sensationalisme déréalisant (Son THX, Virtuel, 3D). C'est toujours en adéquation mais ce n'est plus de l'Art.  Il est donc question ici de rendre un très humble hommage à un très grand cinéaste, à l'ancienne, bien qu'il fut toujours subversif et scandaleux, et surtout scandaleusement pertinent.
Son film le plus connu est "L'Empire des sens", "Ai no corrida en japonais, autrement dit, textuellement, "La corrida des sens". Pourquoi ce titre parlant, quand on connait le film, n'a t-il pas été retenu en français ? Mystère. Pourtant, au fond (mais alors, vraiment au fond), le motif central du film c'est bien les oreilles et la queue. Enfin bon, histoire de garder mes abattis par devers-moi, voici le trailer de son dernier film "Tabou" avec, entre autre, Takeshi Kitano. Un splendide film de sabre sans équivalent aucun.
Et puis pour faire chier les empilateurs compulsifs de Beats et refrains tous plus débiles les uns que les autres qui défilent sur NRJ, Fun Radio ou Skyrock, le morceau de Quincy Jones qui porte le nom du film "phare" d'Oshima : "Ai no corrida', donc. Paix et Amour, mes frères. Banzai.

mercredi 5 décembre 2012

Le temps qui court (Dans quel sens ?)

Je me disais : "Bon sang, mais pourquoi cette ritournelle d'Alain Chamfort me plait-elle autant ? Les paroles sont biens (elles sont signées Jean Michel Rivat, une valeur sûre), mais c'est surtout la musique qui est bonne, effrontément bonne pour la période minet de Chamfort ? Et puis, à la base, elle est de Barry Manilow cette chanson, que je sache, et Barry Manilow, c'est pas Chopin !"
Ben si. Evidemment. C'est Chopin. Je comprends mieux.

" Le temps qui court" par FrédéricChopin. Presque aussi bon que du Chamfort.

Toute cette histoire a du plaire à  Serge Gainsbourg, autre grand pilleur de tombeaux classiques. C'est peut-être pour ça, entre autre, qu'il s'est acoquiné avec Chamfort pour  l'excellent album "Rock n' Rose".

dimanche 18 mars 2012

C'est dimanche, il pleut. J'ai le coeur à Gasoline Alley.

Vous voulez savoir ce qui me donne des frissons ? Et qui me colle le sourire en même temps ? A chaque fois ? Ça. Ça sent la sueur et le cambouis, les rires grasseyants et la bière. Un chant populaire, un chant pour tous; Pour le travail, pour le repos, la bagnole, la fête. Un bonheur. "Tempus fugit" ? Ok, mais ça revient à chaque fois que j'écoute "Gasoline Alley"

Ci dessous un show parfait. Stewart est à la coule, contrôle tout sans effort, chante comme jamais. Au début du morceau, les musiciens, surpris qu'il ne chante pas et que le public le fasse, manquent de s'arrêter. Il réagit comme un vrai pro. Puis il enchaine avec "Gasoline Alley". Il joue avec son pote Ron Wood ("Ah, le voilà ce vieux cabot !"). Il est heureux, c'est communicatif. Tout le monde s'époumone gaiement

Et puis ça. Une chanson anti-homophobe, gay friendly comme on dit de nos jours. Paroles (magnifiques) et musique de Rod Stewart lui-même. Cette chanson a été mal perçue à l'époque. Très peu de temps en fait. Peu après, la culture gay sortait du placard, avec cuir, moustache et toute une esthétique qui restait invisible jusqu'alors. C'est comme ça, on vient de Gasoline Alley, un coin prolo où papa et maman tenaient toujours la porte et la table ouverte, aux copains du mari, aux copains des fistons. On venait manger là, ensemble. Alors on a vu de tout, surtout le dimanche midi, au réveil, après la sortie du samedi soir : des pas clairs, des pédés, des noirs, des beaux, des moins beaux, des filles plus ou moins bien élevées, des putes. Il y avait des tartines et de la confiture. C'est comme ça qu'on s'est éduqué, dans la rudesse et la joie, la tendresse muette et les rigolades. Après, on est parti loin.
"Oh yeah..."

Et hier soir, samedi (ou était-ce il y a trente cinq ans ?), ils ont passé ça en boite. C'était bon de danser là-dessus.
Pour l'apprécier pleinement, ce morceau s'écoute au casque. Fort. On se rend compte que les guitaristes (ils sont deux) brodent un fond de guitare précieux doré sur tranche. Que le bassiste insuffle un shuffle qui donne des fourmis dans les jambes. Bien sur, la mélodie de clavier rentre immédiatement dans le cervelet et y reste gravée à jamais. Carmine Appice est un métronome lourd et puissant. Les paroles sont bonnes et sexy. Ça donne envie de baiser. " Give me a dime so I can call my mother... He said I'm sorry but I'm out of milk and coffee... Come on sugar, let me know !"

mardi 31 janvier 2012

YOU SEE, LIFE IS LIKE A CIRCLE. EVERYTHING YOU DO COMES BACK TO YOU .

A force de courir tout le temps et dans tous les sens, tu vas finir par te rencontrer le soir au coin d'un bois et ça se passera mal. Forcément.

Avant de mordre la poussière, fais donc le ménage une dernière fois. Ca ne te fera pas de mal.
CHECK IT.

They say "Jump", you say "How high ?" And then you get down.They say "It is way far too easy".

MAIS IL FAUT BIEN CROIRE QUELQU'UN !!! POURQUOI PAS DAMON ALBARN ?
Pourquoi pas...

YES THE FUTURE'S BEEN SOLD ( Et pas cher en plus )

samedi 7 janvier 2012

De la défense de musiques indéfendables.

Les noces de la musique et des images furent joyeuses au début des années 80. Après l'excitation de la fête, le robinet à clips qui ne dort jamais a rapidement remplit  l'office pour lequel il avait été conçu. Mettre tout au même niveau, à égale portée de bouton "On" de la zapette ; égaliser les goûts dans l'éternité de la veille hallucinée ; tendre un écran aux phantasmes et les générer à l'infini dans un flux de jouissances pauvres. L'écran fait écran, en l’occurrence au réel. Les Histoires qui assuraient une existence à la collectivité, et aux individus des rôles dont ils étaient aussi les garants, ont cédé la place à une logorrhée insensée de propositions, de choix, de flashs sidérants, qui laisse tout un chacun aux prises avec ses pulsions aussitôt satisfaites et sans la possibilité de prendre le temps d'élaborer une place dans des récits qui n'existent plus. Le clip est un fragment, mais le continuum de MTV ne laisse aucun repos, et à chaque nouvelles série d'images, l'impératif est "Jouis et meurs". Cette injonction destructrice est la colonne vertébrale de notre société, l'Argent en est son sang.
Après cette intro un rien balisée mais aussi un rien réaliste, repartons donc nous noyer dans la joie innocente d'images qui ne le furent jamais pour défendre quelques musiques indéfendables.
Frankie Goes To Hollywood proposait à l'époque une panoplie complète de modèles de comportements, un catalogue de fringues, d'objets (slip boxer "Jean Genet" ; marcel "Wirginia Woolf" etc etc); offrant à tous pour un prix modique un raffinement de Dandy, un accès à l'hédoniste le plus le plus débridé et transgenre. Holly Johnson en maître de cérémonie idéal et inquiétant officiait dans les orgies que De Palma mit dans son film " Body double", jusqu'au matin ou la mélancolie inhérente à cette vie (Douce) venait lui dire qu'il était, lui aussi : "Born to run". Le voilà en concert avec ses petits camarades, dont Mark O'Toole en bassiste énervé, reprenant et éprouvant le standard de Bruce Springsteen. On pouvait encore s'exploser la tête avec une certaine classe, non ? Je ne résiste pas au plaisir de mettre le clip de "Relax", c'est simplement parfait. Ames sensibles s'abstenir." Tu fais quoi, après l'orgie ?"


Billy Idol, ce n'est pas un nom, c'est un programme. Comme Sid Vicious. (D'ailleurs la rumeur court encore que Sid cherchait Billy dans tout Londres pour le tuer parce qu'il était trop beau.) Et le programme fut appliqué à la lettre par les deux hommes. Sid se suicida par overdose de connerie et Billy devint une idole, avec tout ce qu'il fallait pour ça, tubes imparables, excès en tout genre (de vitesse, surtout), effondrement, rédemption. N'empêche, je me rappelle très bien avoir dansé dans des boites de nuit face au mur recouvert de miroirs, parce que je ne trouvais rien de mieux  à faire. Narcissisme dévoyé et désespoir jouissif. Billy avait vu le futur, il lui appartenait. Jusqu'à la fin des temps.

Je mets cette vidéo là qui est un pur phantasme, un porno gonzo à peine déguisé, recyclant tout et n'importe quoi (Elvis,Le Docteur Caligari) en une noria de sucreries en tout genre pour les jeunes yeux avides des téléspectateurs de l'époque, qui n'auraient pour rien au monde louper son 5ième passage de la journée sur MTV.  La soupe est mitonnée et servie par de graves musiciens, dont Steve Stevens à la guitare. Dire que le bassiste assure est un euphémisme.

mardi 18 octobre 2011

LE CHIC, c'est chouette !

Vous vous rappelez de CHIC ? Il y a deux types de bonne musique disco. La jubilatoire; par exemple "That's the way I like it" de KC and the Sunshine Band. La mélancolique; des tubes du groupe Chic. Les yeux embué de larmes, on danse sa peine jusqu'à l'aube pour l'exorciser. Si vous croyez que "Le freak, c'est Chic" est une joviale ritournelle vous vous trompez, et je ne parle même pas de "Rebels are we ?", ni de "My feet keep dancing" et pas plus du truc ci-dessous. Je ferme les yeux, ma tête balance doucement, mes pieds bougent sur ce rythme lancinant, la musique me rentre dans le corps et le coeur. Je ne pense plus. Je ne pense plus qu'à ça dans la nuit sans fin qui m'avale et me consume.
"I'm not Clarck Gable....I give a damn."

mercredi 6 juillet 2011

Du sol, du soli du Solidor.

Or donc je suis allé à Saint-Malo ce week-end et j'y ai découvert la Tour Solidor. J'ai réfléchi un peu et j'ai fait le lien avec Suzy Solidor et effectivement cette formidable chanteuse, actrice à ses heures, romancière, cette séductrice à voile et à vapeur à la plastique superbe, ce modèle fétiche de toute une noria de peintres a tiré son nom de scène du quartier qui l'a vu grandir et qui le tient lui même de la tour qui y trône.
Suzy Solidor, héroïne du film " La Garçonne" entre autres, avait une voix grave, elle ne cachait pas ces amours lesbiens et les chantait, elle chanta aussi "Lili Marlène" pour les allemands sous l'occupation et fut " blâmer" à la libération. Son port unique, sa coupe de cheveux, son corps sublime galbée dans de longues robes firent d'elle une des figures des années trente où, comme le disait Darius Milhaud : "Il était possible de faire n'importe quoi, à condition que ce ne soit pas n'importe quoi". J'ai déja parlé de cette phrase il y a quelque temps, je n'y reviendrai pas, juste pour préciser qu'il vaut mieux, pour y arriver, être très inventif et très attentif.
Suzy Solidor, c'est tout sauf n'importe quoi. C'est du costaud, du qui tient la route, voire la mer. La preuve en est que j'en parle encore 80 ans plus tard et qu'elle est toujours vivante dans ma mémoire et celles de beaucoup d'autres.
Alors je vais mettre cinq vidéos: la très belle chanson " Les filles de Saint-Malo" qui, à l'époque avait du sens ( elle en a toujours aujourd'hui mais disons que le passage du Cap-Horn se fait plutôt le samedi soir, rue de la soif, entre deux et trois heures du mat'. En plus, la vidéo est bien.).
Un extrait d'un doc que j'ai vu il y a longtemps.
Une chanson d'amour lesbienne splendide, " Le fin voilier", tout en fleurs de rhétorique, en dits et non-dits, en retenue furieuse comme le sont souvent les chansons homos.
Une chanson d'appel du large irrésistible , " N'espère pas", dont les images l'illustrant ne sont pas mal.
Enfin Suzy Solidor en personne. On ne se refuse rien grâce à Pascal Sevran.





Sinon, Saint-Malo est une ville où même les écrits s'envolent, contrairement au proverbial proverbe, une fenêtre ouverte et Paf ! ils fichent le camp. C'est comme ça, un brin mystérieux mais testé, vécu et constaté par l'exemple par votre serviteur.
Ah, un dernier point, comme le disait Suzy, les femmes y ont effectivement quelque chose de particulier. Testé, vécu et constaté par l'exemple par votre serviteur.