jeudi 12 avril 2012
Danse, fais moi plaisir !
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Sebastien Tellier
mercredi 11 avril 2012
Smokin' Sheila E.
Deux trucs fumants ! J'ai longtemps cru que la première chanson était de Prince et qu'il y rendait hommage à sa musicienne et muse : Sheila Escovedo, dite Sheila E. Pas du tout, c'est l’œuvre d'un gang de blanc-becs noirauds de l'époque : Ready for the World. Parlent-ils quand même de notre mignonne matrone hispanique ? Mystère et boule de gomme...
En tout cas j'ai toujours été raidi pour Sheila E. La voici dans un truc saignant, énergisant en diable. Muy caliente mi amor, Madre de Dios !!!
Boys with small talk and small minds
Really don't impress me in bed
Tu m'étonnes !
En tout cas j'ai toujours été raidi pour Sheila E. La voici dans un truc saignant, énergisant en diable. Muy caliente mi amor, Madre de Dios !!!
Boys with small talk and small minds
Really don't impress me in bed
Tu m'étonnes !
mardi 10 avril 2012
Jean-luc, tais-toi quand tu parles !
Qu'il est bon d'entendre une voix dire " La vie, ce n'est pas aussi simple qu'un discours de Jean-luc Mélenchon" ! Qu'il est bon de voir les aboiements de notre dernier marxiste tendance ravalés au même niveau que ceux de tous les autres procureur du ministère public de la Mort triomphant par Justice de la Vie ! Qu'il est bon que cette voix soit celle de Daniel Cohen-Bendit ! Cohen-Bendit à toujours eu une place à part dans la politique française. Il a été désigné de nombreuses fois du titre de "mauvais" ultime. Mauvais français, mal blanchi, encore trop roux ; mauvais politicien, trop d'ambition, pas d'envergure, incohérent ; mauvais écologiste, trop à droite, trop à gauche, individualiste. Sa force, son intelligence est d'avoir toujours été suffisamment souple pour accepter sans s'énerver ce qu'on disait être sa "posture" et de partir de là pour commencer à discuter, puis à agir. L'identité de cet homme est définitivement multiple. Il est en même temps juif, juif allemand, juif français, français, allemand, de gauche mais libre, libéral, libertaire d'où presque à droite, régionaliste, transnational, européen de souche, mondialiste de coeur, bref, incompréhensible, imprévisible ; en un mot : vivant. Pour l'approcher, le comprendre un peu il faut se pencher sur sa biographie, savoir d'où il vient, ce qu'il a dit, ce qu'il a fait. Il est moins simple à cerner que le petit prof de philo de banlieue rose crépuscule ou que la fille d'un hobereau borgne de Bretagne. Et je n'évoque même pas le petit monomaniaque déraciné, fils à maman né de père indigne, ça serait un peu trop facile. Toujours est-il que je me réjouis que "ça" tombe sur Mélenchon de coté-là et pas des autres car cela me parait pouvoir être productif. Je rêve que Mélenchon réponde avec à-propos, avec appoint, je.......trop tard, il a déjà dit de Cohen-Bendit qu'il était "un tireur dans le dos spécialiste", c'est à dire un traitre, un faux gauchiste, un mauvais français qui tirerait dans le dos des Conti un peu facilement. Mon rêve s'écroule mais ma joie demeure. Et puis voilà un autre truc, oh une petite chose, mais dont je suis sur et qui me rend Cohen-Bendit sympathique. Si je lui faisais écouter un peu de musique noire, quelle qu'elle soit, j'ai dans l'idée qu'il trouverait ça assez "cool", et pour peu que la dite musique soit un chouïa "groovy", il m'étonnerait bien qu'il ne lui prenne pas l'envie de danser. "C'est nul comme critère !", direz-vous. Oh, pas tant que ça, mes frères, pas tant que ça...." Groove is the heart".
PS : Je viens d'apprendre par hasard que Jean-Luc Mélenchon apprécie les talents de chanteuse de Carla Bruni. Yeah, Baby, Groove is the heart !!!!
PS : Je viens d'apprendre par hasard que Jean-Luc Mélenchon apprécie les talents de chanteuse de Carla Bruni. Yeah, Baby, Groove is the heart !!!!
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lundi 9 avril 2012
Des souvenirs.
Michel Duchaussoy est décédé il y a peu. Je mets ici un extrait assez croustillant des "Stances à Sophie", film peu connu de Moshe Mizrahi, où il apparait. Par la même occasion je peux aussi rendre hommage et payer mon tribut aux actrices Bernadette Lafont, Bulle Ogier et à l'Art Ensemble of Chicago qui en a signé la musique sur laquelle, pour l'occasion, Fontanella Bass a posée sa voix.
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dimanche 8 avril 2012
Parler et puis se taire. Pour de bon ? Pas encore, mes frères, pas encore...
Il y a une campagne électorale en ce moment en France. Je ne le sais que trop. Comme tout un chacun et pourtant différemment. Pour certains les divagations verbeuses des candidats sonnent comme de la poésie. Ils hurlent entre eux, branlés, emportés par la houle grasse d'une mauvaise sentence qui éjacule à la lune. C'est l'habituel prurit des discours électoraux et l'habituel frisson de la foule jouissant aux claquements des coups de fouet de la langue de son maître.
Au delà des programmes, tous plus débiles les uns que les autres, je n'ai entendu qu'une seule parole qui m'ait semblée digne. Celle d'Eva Joly. Je la met sur ce blog pour cette seule et unique raison. A ce point de la compétition, c'est déjà pas mal.
"On ironise beaucoup sur ma campagne. On me reproche de dire la vérité. On dit que je ne sais pas mentir. Et alors, est-ce un si grand défaut ? Un problème si important ? Un crime si terrible ? Non, non et non. Le courage, quand les temps sont durs, c’est de chercher la vérité et de la dire.
Si je tiens bon, ce n’est pas par entêtement. Ce n’est pas l’orgueil qui me pousse. C’est la conscience des responsabilités qui me porte. Je suis la candidate de l’écologie. C’est-à-dire que je suis la candidate de l’urgence, la candidate des réalités du monde, la candidate de la responsabilité. Je parle bas. C’est mon style. Je fais peu de promesses. C’est ma fierté. Je parle d’efforts à faire. C’est ma vérité. Je parle de bouleversements à réaliser c’est ma responsabilité.
Je ne vous dis pas que demain, comme par magie, vos problèmes disparaîtront si vous votez pour moi. Je ne raconte pas de bobards. Je ne fais pas de théâtre. Je suis mon chemin avec détermination. La démagogie est et restera pour moi une langue étrangère."
Mais, une fois de plus, place au Poète.
Au delà des programmes, tous plus débiles les uns que les autres, je n'ai entendu qu'une seule parole qui m'ait semblée digne. Celle d'Eva Joly. Je la met sur ce blog pour cette seule et unique raison. A ce point de la compétition, c'est déjà pas mal.
"On ironise beaucoup sur ma campagne. On me reproche de dire la vérité. On dit que je ne sais pas mentir. Et alors, est-ce un si grand défaut ? Un problème si important ? Un crime si terrible ? Non, non et non. Le courage, quand les temps sont durs, c’est de chercher la vérité et de la dire.
Si je tiens bon, ce n’est pas par entêtement. Ce n’est pas l’orgueil qui me pousse. C’est la conscience des responsabilités qui me porte. Je suis la candidate de l’écologie. C’est-à-dire que je suis la candidate de l’urgence, la candidate des réalités du monde, la candidate de la responsabilité. Je parle bas. C’est mon style. Je fais peu de promesses. C’est ma fierté. Je parle d’efforts à faire. C’est ma vérité. Je parle de bouleversements à réaliser c’est ma responsabilité.
Je ne vous dis pas que demain, comme par magie, vos problèmes disparaîtront si vous votez pour moi. Je ne raconte pas de bobards. Je ne fais pas de théâtre. Je suis mon chemin avec détermination. La démagogie est et restera pour moi une langue étrangère."
Mais, une fois de plus, place au Poète.
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De l'importance d'être un Homme
" Penser d'une femme qu'elle est libre sans penser en même temps à la mettre dans les fers de l'amour, c'est lui manquer du plus élémentaire respect."
O. Wilde.
Eh, eh, pas mal pour un pédé.
He hit me
And it felt like a kiss
He hit me
But it didn't hurt me
He couldn't stand to hear me say
That I'd been with someone new
And when I told him
I had been untrue
He hit me (da-da-da-ah)
And it felt like a kiss (felt like a kiss)
He hit me (da-da-da-ah)
And I knew he loved me
If he didn't care for me
I could have never made him mad
But he hit me (da-da-da-ah)
And I was glad
(Da-da-da-ah)
(Da-da-da-ah)
Yes, he hit me (da-da-da-ah)
And it felt like a kiss (felt like a kiss)
He hit me (da-da-da-ah)
And I knew I loved him
And then he took me in his arms
With all the tenderness there is
And when he kissed me (da-da-da-ah)
He made me his
(Da-da-da)
O. Wilde.
Eh, eh, pas mal pour un pédé.
He hit me
And it felt like a kiss
He hit me
But it didn't hurt me
He couldn't stand to hear me say
That I'd been with someone new
And when I told him
I had been untrue
He hit me (da-da-da-ah)
And it felt like a kiss (felt like a kiss)
He hit me (da-da-da-ah)
And I knew he loved me
If he didn't care for me
I could have never made him mad
But he hit me (da-da-da-ah)
And I was glad
(Da-da-da-ah)
(Da-da-da-ah)
Yes, he hit me (da-da-da-ah)
And it felt like a kiss (felt like a kiss)
He hit me (da-da-da-ah)
And I knew I loved him
And then he took me in his arms
With all the tenderness there is
And when he kissed me (da-da-da-ah)
He made me his
(Da-da-da)
"Ce" n'être digne de rien si "ce" n'est d'abord digne de soi.
La dignité ne se marchande pas. Elle marche avec vous ou pas. Méfiez vous comme de la peste de tous ceux qui prétendre la "rendre" à ceux qui l'ont perdue ou carrément la donner à ceux qui ne l'ont pas. Ce sont des monstres qui satisfont là des besoins grossiers d'amour propre et qui vous feront payer du prix de votre vie la dette inaliénable que vous aurez contractée à leur égard. De même n'essayez pas un instant, pas une seconde de donner ou de "rendre" sa dignité à quelqu'un. D'une quelconque manière, cette personne n'aura de cesse de vous tuer pour racheter sa dette, et vous en aurez fait un monstre à son corps défendant. La dignité est une affaire privée qui ne regarde que soit. Si par malheur vos parents ne vous l'ont pas octroyée, il n'est aucune contorsion morale ou psychologique, encore moins politique ou sociale qui vous permettra de vous l'attribuer. Un regard net dans le miroir doit y suffire, à condition d'y arriver. De toute manière n'attendez d'aide de personne, c'est vous condamner à mourir ou à tuer, presque malgré vous, et c'est là l'indignité la plus vive, que rien ne pourra restaurer. Seule une fermeté inaltérable, sans compromission, sur ce que vous vous donner le droit d'être pourra la faire advenir en vous. Par "sans compromission", j'entends la ferme intention de ne passer par aucune autre personne que vous pour y accéder, qu'il libère ou rende esclave ( c'est tout comme). Payer un psychanalyste ou avoir recours à une structure aidante dument pensée comme telle, avec ses capacités reconnues et ses limites, sont les seuls actes, impliquant les "autres", susceptibles de vous aider un temps. Quand je dis tout cela je n'affirme nullement l'inanité de l'Amour véritable, de l'indulgence ou la douceur, au contraire, mais, tout cela vient après, COMME naturellement. Pour certains tout vient sans effort, sans qu'ils y pensent ; pour d'autres l'accession à la dignité sera le couronnement d'un effort intense ; la plupart lui trouveront un succédané dans la rancœur, l'ennui, la morgue, le snobisme, l'engagement politique, le jeu de dupe social, la bêtise, la Tartufferie artistique, l'enseignement, la Science, l'Histoire et son sens, la Morale et son corolaire hédoniste etc etc.... Mais laissons parler le poète, si tant est que quelqu'un le comprenne encore, et dans un marasme indigne, ne confonde sa parole avec des slogans, ce qui, après enquête sur le terrain, s'avère être le cas le plus désespérément commun.
Fat man lookin’ in a blade of steel
Thin man lookin’ at his last meal
Hollow man lookin’ in a cottonfield
For dignity
Wise man lookin’ in a blade of grass
Young man lookin’ in the shadows that pass
Poor man lookin’ through painted glass
For dignity
Somebody got murdered on New Year’s Eve
Somebody said dignity was the first to leave
I went into the city, went into the town
Went into the land of the midnight sun
Searchin’ high, searchin’ low
Searchin’ everywhere I know
Askin’ the cops wherever I go
Have you seen dignity?
Blind man breakin’ out of a trance
Puts both his hands in the pockets of chance
Hopin’ to find one circumstance
Of dignity
I went to the wedding of Mary Lou
She said, “I don’t want nobody see me talkin’ to you”
Said she could get killed if she told me what she knew
About dignity
I went down where the vultures feed
I would’ve gone deeper, but there wasn’t any need
Heard the tongues of angels and the tongues of men
Wasn’t any difference to me
Chilly wind sharp as a razor blade
House on fire, debts unpaid
Gonna stand at the window, gonna ask the maid
Have you seen dignity?
Drinkin’ man listens to the voice he hears
In a crowded room full of covered-up mirrors
Lookin’ into the lost forgotten years
For dignity
Met Prince Phillip at the home of the blues
Said he’d give me information if his name wasn’t used
He wanted money up front, said he was abused
By dignity
Footprints runnin’ ’cross the silver sand
Steps goin’ down into tattoo land
I met the sons of darkness and the sons of light
In the bordertowns of despair
Got no place to fade, got no coat
I’m on the rollin’ river in a jerkin’ boat
Tryin’ to read a note somebody wrote
About dignity
Sick man lookin’ for the doctor’s cure
Lookin’ at his hands for the lines that were
And into every masterpiece of literature
For dignity
Englishman stranded in the blackheart wind
Combin’ his hair back, his future looks thin
Bites the bullet and he looks within
For dignity
Someone showed me a picture and I just laughed
Dignity never been photographed
I went into the red, went into the black
Into the valley of dry bone dreams
So many roads, so much at stake
So many dead ends, I’m at the edge of the lake
Sometimes I wonder what it’s gonna take
To find dignity
Fat man lookin’ in a blade of steel
Thin man lookin’ at his last meal
Hollow man lookin’ in a cottonfield
For dignity
Wise man lookin’ in a blade of grass
Young man lookin’ in the shadows that pass
Poor man lookin’ through painted glass
For dignity
Somebody got murdered on New Year’s Eve
Somebody said dignity was the first to leave
I went into the city, went into the town
Went into the land of the midnight sun
Searchin’ high, searchin’ low
Searchin’ everywhere I know
Askin’ the cops wherever I go
Have you seen dignity?
Blind man breakin’ out of a trance
Puts both his hands in the pockets of chance
Hopin’ to find one circumstance
Of dignity
I went to the wedding of Mary Lou
She said, “I don’t want nobody see me talkin’ to you”
Said she could get killed if she told me what she knew
About dignity
I went down where the vultures feed
I would’ve gone deeper, but there wasn’t any need
Heard the tongues of angels and the tongues of men
Wasn’t any difference to me
Chilly wind sharp as a razor blade
House on fire, debts unpaid
Gonna stand at the window, gonna ask the maid
Have you seen dignity?
Drinkin’ man listens to the voice he hears
In a crowded room full of covered-up mirrors
Lookin’ into the lost forgotten years
For dignity
Met Prince Phillip at the home of the blues
Said he’d give me information if his name wasn’t used
He wanted money up front, said he was abused
By dignity
Footprints runnin’ ’cross the silver sand
Steps goin’ down into tattoo land
I met the sons of darkness and the sons of light
In the bordertowns of despair
Got no place to fade, got no coat
I’m on the rollin’ river in a jerkin’ boat
Tryin’ to read a note somebody wrote
About dignity
Sick man lookin’ for the doctor’s cure
Lookin’ at his hands for the lines that were
And into every masterpiece of literature
For dignity
Englishman stranded in the blackheart wind
Combin’ his hair back, his future looks thin
Bites the bullet and he looks within
For dignity
Someone showed me a picture and I just laughed
Dignity never been photographed
I went into the red, went into the black
Into the valley of dry bone dreams
So many roads, so much at stake
So many dead ends, I’m at the edge of the lake
Sometimes I wonder what it’s gonna take
To find dignity
jeudi 5 avril 2012
Pleurer doucement avec Claudio Arrau.
Ce n'est peut-être pas la meilleure interprétation de "Clair de Lune"de Debussy. Je ne sais pas. En tout cas, elle est unique. Claudio Arrau ne "sonne" comme personne d'autre. Sa maîtrise des contrastes, son approche anti-sentimentaliste font que tout le lyrisme en demi-teinte de ce chef-d’œuvre, l'intention exigeante d'un auteur qui ne fut jamais mièvre apparaissent plus clairement et finalement de manière plus sensible. Arrau ne nous berce pas, ne nous charme pas, il donne à entendre toutes les "couleurs" du morceau, toute sa composition vaste et menue, mélancolique et maîtrisée, sans nous emberlificoter dans du larmoyant, du pathétique de mauvais aloi. Les grand interprètes ne sacrifient pas à des tics ou à une manière, ils ont une vision et ne prennent jamais le public pour une bande de bœufs. Ils entr'ouvrent la porte. Rentre qui veut. Claudio Arrau était clair et précis Il n'était jamais aride. Tel est son "Clair de Lune". Une pensée pour lui. Un remerciement.
lundi 2 avril 2012
Les clous et les douleurs.
J'aime toutes les musiques. A deux exceptions près : le Tango et la musique des Balkans. J'y retrouve le même lyrisme débraillé, soulard, gras du cheveu qui tente de faire accroire que s'écorcher la voix en beuglant des couillonnades sur de l'alcool de sixième zone est la plainte d'un homme. Les femmes ne s'y trompent pas, pour la plupart elles adorent ces deux sortes de râles mâles. Or, les femmes, en très large majorité, n'ont pas la moindre idée de ce que doit être le lyrisme, de toute l'implication et de toute la retenue qu'il demande dans le même temps pour être porté à son plus haut. Colette parle quelque part de la brutalité foncière des femmes et de la décence tout aussi foncière des hommes. Colette ayant pratiqué les deux sexes de très près, j'ai tendance à lui faire confiance plutôt qu'à, mettons, Roland Barthes. Quand les hommes se font brutaux pour séduire des femmes indécentes, ce qui arrive malheureusement assez souvent, des aberrations comme le Tango et les criailleries des Balkans ne tardent pas à pointer le bout de leurs nez salingues. Mais il se trouve encore des femmes, en minorité certes, mais quand même, pour apprécier le vrai lyrisme, celui d'un du Bellay ou d'un Blind Willie Johnson ( c'est la MEME chose ). Pas de vidéos donc, ou plutôt si, une. Celle d'un artiste qui fait en général pousser des cris d'effroi aux femmes brutales et non policées par la pratique assidue des hommes. J'ai nommé Christophe Bevilacqua. Je l'ai entendu dire une fois à la radio qu'il avait conçu "Succès fou" pour "donner un coup de main aux petits mecs pour emballer". Ah, le brave homme ! Il a bien compris lui, que "les slows", comme on disait, sont une affaire d'homme. Le voici dans un bel exemple de lyrisme : "Parle-lui de moi", sommet d'évitement distingué et de joie plaintive. Voilà. Ah, deux choses encore : le batteur est le même que sur le titre de Rod Stewart , "Do ya think I'm sexy" : Carmine Appice. Comme quoi, il n'y a pas de hasard. Et aussi, Mesdames et Messieurs, mais surtout Mesdames, si vous pouviez arrêter de mettre Christophe et Jean-Louis Murat dans le même panier, ça éviterait à certains des énervements. Intempestifs, je le concède, mais somme toute bien légitimes.
Petit bonus. Si vous arrivez vivant(e) au bout de la chanson ( à ce point là, le lyrisme, ça use ), je vous conseille vivement de regarder les autres vidéos concoctées par des vidéastes-amateurs pour l'illustrer. Ca ne peut que vous rassurer sur votre santé mentale.
Petit bonus. Si vous arrivez vivant(e) au bout de la chanson ( à ce point là, le lyrisme, ça use ), je vous conseille vivement de regarder les autres vidéos concoctées par des vidéastes-amateurs pour l'illustrer. Ca ne peut que vous rassurer sur votre santé mentale.
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dimanche 1 avril 2012
Donner à écouter l'anéantissement de toute chose ? Est-ce possible ? Il semblerait que oui.
Ci-dessous, le premier mouvement de la 7ième symphonie de Shostakovitch, dite "Leningrad". Je m'interroge. En ces temps horribles ou la pensée n'a pratiquement plus droit de cité en France, comment un être humain, en des temps pires encore où elle avait cessé d'exister, a t-il pu mettre en musique sa défaite totale ? Comment, au moment où les mots manquaient pour dire ce qui avait lieu, un musicien a t-il su concevoir en note et rythme ce que la pensée n'arrivait pas à dire d'elle-même ? A vrai dire, exprimer en mots la défaite de la pensée peut sembler une contradiction dans les termes. Peut-être. Cependant certains y sont arrivés et y arriveront encore, MAIS a-postériori, après-coup. Sur le moment, en 1941, alors que le Nazisme ravageait tout sur son passage, terres, hommes et consciences, seul Shostakovitch a su exprimer ce qui se passait. Il l'a fait "entendre", au sens le plus noble, le plus clair du terme.
Et voilà le miracle improbable : dans sa partie la plus atroce, la plus guerrière, la plus morbide et exaltée, Goebbels aurait pu diriger cette oeuvre en arrosant les musiciens de l'orchestre à coup de pistolet Mauser dans une explosion de joie païenne. Et bien sur, il aurait été incapable de saisir la portée de l'ensemble de ce mouvement, et plus encore de l'oeuvre entière. Il n'était plus capable d'"entendre" cette partie là de l'humanité, sa pensée, la pensée qui empêche de tirer sur les musiciens, une pensée sur l'horreur, émergeant de l'horreur au prix d'un effort insoutenable et cependant accompli ici par le compositeur russe.
Alors, par la musique et sa magie qui prend le relais, quelque chose est perceptible et audible de la défaite de la pensée, avant même que la pensée puisse le dire. C'est un travail de brute, de titan, de fou. Shostakovitch l'a fait et je me demande encore COMMENT il a fait ? Je n'ai pas de réponse simple. Une tentative de réponse devrait englober une prise en compte de l'Histoire passée et vécue de l'Europe et de la Russie, la connaissance exhaustive des mécanismes psychiques qui s'exprimèrent alors tous azimuts et qui nous dirigent encore, une connaissance encore plus exhaustive de l'Esthétique en général, et particulièrement des pouvoirs de la musique, une idée précise de la personnalité de Shostakovitch et de son histoire personnelle et tant d'autres paramètres indécidables, en tout cas pour moi. Voici donc quelque chose d'unique et d’inouï. Je pourrais employer des images. Dire, par exemple, que c'est à la fois la retraite de Russie de Napoléon, les Bretons et les Souabes montant chacun de leur coté à l'assaut du fort de Douaumont à Verdun, les divisions de Panzers allemandes déferlant sur la plaine russe jusqu'aux portes de Leningrad, Stalingrad vu par avance heure par heure, dans l'éternité du massacre. Tout cela est RIDICULE, une très mauvaise littérature de gare ou de salle d'attente. Je me tais. Maintenant, il faut écouter. La compréhension vient vite, vous verrez. C'est étonnant, et confondant de netteté. Ames sensibles s'abstenir.
Et voilà le miracle improbable : dans sa partie la plus atroce, la plus guerrière, la plus morbide et exaltée, Goebbels aurait pu diriger cette oeuvre en arrosant les musiciens de l'orchestre à coup de pistolet Mauser dans une explosion de joie païenne. Et bien sur, il aurait été incapable de saisir la portée de l'ensemble de ce mouvement, et plus encore de l'oeuvre entière. Il n'était plus capable d'"entendre" cette partie là de l'humanité, sa pensée, la pensée qui empêche de tirer sur les musiciens, une pensée sur l'horreur, émergeant de l'horreur au prix d'un effort insoutenable et cependant accompli ici par le compositeur russe.
Alors, par la musique et sa magie qui prend le relais, quelque chose est perceptible et audible de la défaite de la pensée, avant même que la pensée puisse le dire. C'est un travail de brute, de titan, de fou. Shostakovitch l'a fait et je me demande encore COMMENT il a fait ? Je n'ai pas de réponse simple. Une tentative de réponse devrait englober une prise en compte de l'Histoire passée et vécue de l'Europe et de la Russie, la connaissance exhaustive des mécanismes psychiques qui s'exprimèrent alors tous azimuts et qui nous dirigent encore, une connaissance encore plus exhaustive de l'Esthétique en général, et particulièrement des pouvoirs de la musique, une idée précise de la personnalité de Shostakovitch et de son histoire personnelle et tant d'autres paramètres indécidables, en tout cas pour moi. Voici donc quelque chose d'unique et d’inouï. Je pourrais employer des images. Dire, par exemple, que c'est à la fois la retraite de Russie de Napoléon, les Bretons et les Souabes montant chacun de leur coté à l'assaut du fort de Douaumont à Verdun, les divisions de Panzers allemandes déferlant sur la plaine russe jusqu'aux portes de Leningrad, Stalingrad vu par avance heure par heure, dans l'éternité du massacre. Tout cela est RIDICULE, une très mauvaise littérature de gare ou de salle d'attente. Je me tais. Maintenant, il faut écouter. La compréhension vient vite, vous verrez. C'est étonnant, et confondant de netteté. Ames sensibles s'abstenir.
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