L'électricité est une bien belle invention. Dans tout un tas de domaines elle a permis des avancées décisives. Celui des transports, celui des arts ménagers, celui de la musique populaire. Je vais mélanger un peu les trois. Quand j'étais petit l'électricité était liée pour moi à des petits objets de la vie quotidienne. Des jouets d'une part, des petits ustensiles de cuisine d'autre part. J'avais une prédilection pour ces objets, ils étaient miraculeux. J'aimais particulièrement mon train électrique et la petite machine que ma grand-mère utilisait pour moudre le café. Elle ne marchait que si on remettait le couvercle en plastique et son bruit grésillant déclenchait instantanément l'arrivée de l'odeur de café moulu qui est une de mes odeurs préférées. Un peu plus tard j'ai aimé énormément un morceau de The Jam parce que la guitare de Paul Weller y a presque le même son, un son électrique. Je me souviens (il est temps d'écrire cette phrase si célèbre) aussi du couteau électrique à viande de mon père. Ça me semblait le comble d'un luxe absurde et quelque chose de plutôt dangereux, si vous voyez ce que je veux dire. En avançant en âge ces détails de mon enfance semblent prendre un sens qui est celui que ma vie a finalement emprunté. Comme Proust, plus ou moins consciemment en ce qui me concerne, je recherche le temps perdu, il revient et je le retrouve. Ce travail de la mémoire qui met au clair une trajectoire jusqu'alors opaque est un éclairage tardif et bienvenu. Il est surtout un signal avant coureur à ne pas négliger et qui m'avertit. Je me rapproche de la mort rapidement.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire