lundi 28 novembre 2011

SANS CONCESSION !

Et maintenant voici ce que la "culture" populaire américaine a produit de pire. C'est insensé, parfaitement ignoble, et a pisser de rire. Je n'ai jamais compris comment ce disque a pu se vendre à des millions de copies. Foncez l'acheter à 2 euros dans une braderie quelconque ou mieux, au Secours Catholique. Je garde précieusement mon exemplaire pour les soirs de grand désespoir. UNBELIEVABLE !!!

Et maintenant le clip le plus rigolo et étonnant que j'ai jamais vu. Dire que les musiciens de Primus sont des virtuoses, c'est peu. Et contrairement aux gugusses précédents, ils font preuve d'un solide esprit de dérision, particulièrement à l'endroit de leur culture "Americana" d'origine. A noter, une partie de Poker assez épique, des paroles obscènes, et des Playmobiles en sueur. IT'S THE WILD WILD WEST, HONEY !!

NO COMMENT !!!

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BEAUTE ! DROIT AU COEUR !

dimanche 27 novembre 2011

Til' it stops.

Une journée, une nuit, passée avec un être aimé, volée au Temps lui-même, c'est suffisant, ça suffit. Prendre soin de soi, c'est d'abord prendre soin de ça. Garder ouvert son coeur qui bat. L'écouter, sans crainte, jusqu'à l'ultime instant ; et il y a toujours les chansons qui viennent.


For you, Ladies.

Fresh news from dying Stars.

Avant que je meure il va falloir que j'arrange certaines choses. Comme tout un chacun.


Warren Zevon me manque, il pouvait faire tant encore pour nous. Il est sorti en douceur, et la Beauté marchait à ses cotés. Là,en dessous, il était sur les terres du Boss : New Jersey.

Là, il vient annoncer à la télé qu'il va bientôt mourir d'un cancer. Il n'y a pas de retape, de pathos. Il vient dire "au revoir" à son public, c'est tout, c'est triste et c'est beau. Il est très digne. Il évoque simplement avec de vieux potes sa vie qui se termine, sans amertume. Letterman pose les bonnes questions ( comme souvent )du genre "- Est-ce que tu sais quelque chose de plus que moi, maintenant, sur la Vie et la Mort ?" "- Pas vraiment." répond Zevon.
"You put one value on every minute." Oui, c'est vrai, on perd beaucoup de temps...




Ce qui est certain, c'est qu'on ne perd pas son temps à écouter les Maîtres.

Avec le sourire

Cet an-ci sort un coffret sur l'album mythique des Beach Boys : "Smile". Là, EMI a mis le paquet : une version "définitive" du projet avorté de 66/67, quatre ou cinq CDs bonus de démos, d'arrangements divers, de versions inédites et inachevées des morceaux de ce qui aurait du être le chef-d'œuvre de Brian Wilson, leader et compositeur du groupe. A l'époque, Brian a pété les plombs et le disque, sur lequel il travaillait sans relâche depuis des mois n'a pas vu le jour, et, pendant que son créateur était soigné pour une dépression monstrueuse, les autres Beach Boys tirèrent ce qu'ils purent des centaines d'heures de bandes studio enregistrées par Brian et sortirent "Smiley Smile". Le "Smile" originel avait sombré avec l'esprit foldingue de son concepteur. Quelques chansons avaient néanmoins été finalisées et on les retrouve sur "Smiley Smile" puis, au compte-goutte, sur les albums suivants des Beach Boys : "Cabinessence" sur "Friends ou "Surf up" sur ..."Surf up".
Je ne vois pas très bien l'intérêt de ce genre de publication quasi exhaustive. Puisque le maître d'œuvre a perdu la boule en cours de montage, et que lui seul détenait la clé de voute de cette magnifique cathédrale engloutie, à quel besoin peuvent bien répondre ces heures d'enregistrement rendues publiques ? Brian ne sait pas plus aujourd'hui qu'au moment où il est devenu cinglé, ce qu'il avait exactement en tête. C'est perdu, disparu, vanished. Le peu qu'il a pu finir, il l'a fait et c'est indéniablement génial. Les chansons pré-citées, plus "Heroes and Vilains" et "Good Vibrations" sorti à l'époque en guise de teaser à l'album. Et après ?
Après, il nous reste des traces, et des hypothèses mais rien qui puisse s'approcher d'une création voulue, pensée et menée à bien par un artiste et donc, pas grand-chose.
Si, quand même, il reste aux fans du groupe la possibilité de "rêver" leur "Smile", en écoutant les différentes variantes des morceaux qui sortirent de la tête de Brian Wilson et entre lesquelles il ne cessa jamais d'hésiter, à de trop rares exceptions.
Pendant ce temps-là, un artiste contemporain, en pleine possession de ses moyens cisèle de très belles miniatures symphoniques, dans une relative indifférence. Et pourtant, il réussit là ou Brian Wilson échoua naguère, avec un talent qui ne me parait pas moindre. Il s'agit de Bon Iver.
Mais, le "Hic", si l'on veut, c'est que "Smile" est le Saint Graal des rockeux boutonneux et fiers de l'être ( ces gars-la sont enragés )qui lisent "Les Inrockuptibles". Pour ces cul-terreux le tabou ultime c'est d'avoir du succès. Non, mais imaginez un peu ça ! Etre numéro un des hit-parades dans notre société capitalo-racisto-islamophobe, c'est vraiment ignoble ! Mais alors, ignoble de chez ignoble ! Alors "Smile", pour eux, c'est le panard. Personne, strictement personne n'a pu l'acheter. Il ne circulait, avant le net, qu'en de très rares éditions pirates plus ou moins bien faites et hors de prix. Wilson était devenu dingue, aucune chance qu'il retourne un jour y mettre la main. C'était un chef-d'œuvre oublié, pour Happy Few, pour initiés, dont je suis sur que la plupart n'aime pas le reste de la production des Beach Boys ; des chansons surfs déchirantes ou joviales d'avant "Smile", ou de celles des albums composés par les deux frères de Brian, Carl et Denis, dont certaines soutiennent haut-la-main la comparaison avec celle du petit génie de la famille, qui, pour le coup, n'en était pas l'unique. Bref il était, et il demeure impossible que quoique ce soit de "Smile" fasse un succès, du coup, c'est l'album parfait. Et entre deux écoutes clandestines on peut toujours continuer à se masturber en cachette sur des photos d'Anna-Nicole Smith, (chut,il ne faut pas le répéter !), avant de faire l'apologie du cinéma kurde underground (zéro).
Avec les frangins Assayas, Bayon et d'autres têtes de nœud de cet acabit, on en est toujours là, malheureusement. Je remarque qu'on les voit moins en ce moment, mais il est vrai que j'ai arrêté la télé chez moi, alors, le pire est à supposer. Je sais pas moi, Frédéric Bonnaud à la tête d'Arte ?


Swedish Bomb

J'aime bien Nina Perrson et son groupe de garçons les Cardigans. Elle est belle, malicieuse, sexy, intelligente mais je n'aimerais absolument pas être son petit ami. (La vidéo est inspirée par une scène du premier "Star Wars", avec un soupçon de "2001 Odyssée de l'Espace". Sacré Hal !)


Un rien destroy la jolie petite blonde, non ?

jeudi 24 novembre 2011

Une certaine Constance

Comme je dis des fois, l'équilibre étant par nature instable, le déséquilibre n'est qu'une manière d'être constant.
Roscoe Holcomb chante ça pour l'éternité, ou plutôt c'est l'éternelle plainte humaine qui trouve là une expression bouleversante. C'est comme s'il était en prise directe avec la Terre-Mère, dans la boue de laquelle il traine ses godillots. Avec lui c'est l'âme initiale qui parle ; "l'anima" première qui souffle. Ca vaut Kathleen ferrier dans "Le Chant de la Terre" de Mahler, tous les disques des Beach Boys, et même le divin Mozart avec tout son Amour.

Et comme Caton l'Ancien, qui terminait tous ses discours par ces mots, je finirai ce post en disant "Delenda est Carthago", ou " Il faut détruire Carthage". Une certaine Constance, je vous dis.

mercredi 23 novembre 2011

"Something goes wrong again." Pete Shelley

Etonnant, cette année encore le week-end des Transmusicales de Rennes tombe en fin de semaine... C'est bien foutu, tout de même.
Et cette année encore, Jean-louis Brossard, programmateur du festival, vieux jeune sans âge, va abreuver un public de jeunes vieux sans âge de musique post-moderne, sans âge, ni pays d'origine. Des trucs calibrés pour le no-man's land avec Drive-in et Diners qu'est devenu l'ancien monde des Dieux et des Hommes et même La fameuse Vallée des ombres de la Mort que tout un chacun traverse maintenant sans plus y penser, l'œil rivé sur le compteur geiger sensoriel de l'intensité de ses plaisirs. Celui que j'ai mis en dessous est le seul que je connaisse d'avance pour la cuvée 2011. Je ne sais pas trop quoi en dire à part que cela me semble sans vie aucune, déjà, et depuis bien longtemps et sans identité, même d'emprunt. Totalement anémique et détruit jusqu'à la racine comme une jeune anorexique sous l'emprise de coupe-faims. De toute ma volonté, je veux croire au Miracle d'une seule heure de bonne musique aux Trans...Autant implorer les morts de marcher. C'est déjà fait ? Ils marchent ? Et ils ont des masques ?Ah bon, alors...

"The Devil got my woman." ( qu'il la garde !)

Son timbre de voix est unique dans le monde du blues. C'est Skip James. Il chantait une sorte de blues "aigue", enchanteur et mortifère, comme celui que chanterait l'Ange déchu, s'il avait deux doigts de jugeote. Mais non, il préfère se saper comme de sales types à la Greg Allman et rameuter les putes du quartier pour des raouts vulgaires, cocaïnés et malodorants comme un anus plein d'hémorroïdes. Beurk !

samedi 19 novembre 2011

"- Coco, sur cinq colonnes, à la une : " Pierre Dumayet est Mort", - Ca roule, patron !"

Pierre Dumayet est mort. Avec lui s'éteint une façon de faire de la télévision (Tchernia étant hors-jeu), qu'il avait inventé avec Desgraupes et Barrère sous la houlette de Lazareff, mandaté par le général de Gaulle lui-même, pour faire naître, à partir de rien, la télévision française, qu'on appelait à l'époque l'ORTF. Comme rien, de fait, ne se crée ex-nihilo, Desgraupes, Dumayet et Barrère s'étaient appuyés sur l'expérience de la presse écrite dont ils étaient issus et qui était le plus puissant vecteur d'informations, de réflexion, et même de création de l'époque, à travers de grands éditorialistes, des chroniqueurs avisés et des dessinateurs de presse géniaux. Ils se sont aussi appuyés sur leurs intelligences, leurs capacités qui étaient grandes, très grandes.
Les postes de télévision étaient encore rares aux temps des premières diffusions, mais tout au long des années cinquante et soixante, en même temps que les récepteurs se généralisaient dans les foyers français, se développait cette façon si spéciale de faire de la télé. Il est de bon ton maintenant de sacrifier à une nostalgie un peu mièvre et de regretter ce bon temps de la télé, capable de proposer, à une heure de grandes écoute, "Les Perses" d'Eschyle. Ceux qui déplorent la disparition de cet "âge d'or" sont les mêmes qui trouvaient insupportable la "chape de plomb" qui régnaient sur la télé d'alors, sous tutelle d'un pouvoir qu'ils combattaient à grand renfort d'idéologies débiles, parce qu'exactement semblables dans leur rigidité et leur bêtise à la société qu'il s'agissait de secouer ou modifier, la démocratie en moins. Je suis un peu trop jeune pour avoir méprisé cette télé-là, je vais donc me laisser aller à cette nostalgie sans états d'âme, car j'y ai pris plaisir (un peu plus tard en fait, mais c'était encore presque la même chose) et que maintenant, je n'ai plus la télé; ça va trop vite et c'est trop fatiguant.
Dumayet faisait un travail énorme de mise à disposition du grand public de la parole et des oeuvres des écrivains. Il avait compris qu'il y avait là, à la télé, l'occasion de saisir et de transmettre des paroles vives, singulières, uniques de créateurs dont il fallait peut-être se depêcher de les montrer. Eh, Claudel, Mac Orlan, Céline, Pagnol n'étaient plus tout jeunes, alors que la télé l'était, elle. Ainsi a t-on gardé trace précieuse de tant et tant d'auteurs capitaux de la littérature française. Et pas n'importe quelle trace, parce que pas enregistrée dans n'importe quelles conditions. Dumayet était un homme cultivé et un très fin lecteur, capable de faire l'analyse méticuleuse d'un ouvrage et de mettre ses capacités au service de l'écrivain qu'il avait en face de lui. Il tendait des perches d'une rare intelligence avec une attention soutenue, sans jamais devenir révérend ou flatteur. Il lui fallait de la patience, il le savait; et voilà justement qu'on lui offrait le luxe de prendre son temps, ou plutôt, il le prenait et on le laissait faire. Je ne connais qu'un seul autre exemple d'un journaliste de télé qui laissait se développer la parole de ses invités et qui ne sombra jamais dans l'obséquiosité (Bah, non, c'est pas Michel, Drucker !): Denise Glaser.
Mais voyons comment Dumayet s'y prenait avec un Céline absolument rétif à répondre aux questions que tout lecteur à peu près au fait de l'Histoire et de la vie de Céline est en droit de se poser
C'est très intelligent, il pose trois fois la même question, sous une forme un peu différente et laisse Céline répondre à sa guise sans le court-circuiter d'un "Non mais, là n'est pas la question ..;" ou une impolitesse de ce genre. Et voilà que Céline parle, longuement, sans être interrompu, qu'il développe, ratiocine et qu'il dit BEAUCOUP DE CHOSES. Enormément même. Tout est sobre, le cadrage, les lumières,les interventions de Dumayet et, pour le coup, sans rien pour attirer le téléspectateur vers telle ou telle pensée ou ressenti, ( il n'y a pas de rires enregistrés ou de claque prête à applaudir ou huer comme chez ce fou dangereux d'Ardisson, animateur du tribunal express du peuple, ou plutôt de la populace.) quelque chose de la vérité de la parole d'un homme au moment ou il la dit passe, qu'il mente ou pas. A nous de nous faire une idée à partir de ces images et de ces sons étonnants. La télé de Dumayet permettait cette liberté fondamentale, noyée maintenant sous l'impératif de jouir de tout tout de suite, la liberté de chercher la distance qu'on voulait mettre entre cette parole et soi. La liberté de penser. C'était cela, entre autre choses moins avenantes, la télé "fasciste" de de Gaulle.
Intrigant, n'est-ce pas ? Par exemple, ça, c'était assez facho, non ?

Si vous comparez cette entrevue avec celle réalisée par Bernard Pivot quelques années plus tard, vous y verrez un Lévi-Strauss pressé par Pivot comme s'il devait cracher " La Vérité". Bref, une horreur, et pour le coup, vraiment fasciste. L'ethnologue a le couteau sous la gorge et se défend comme il peu ; là, avec Dumayet, il a l'air très tranquille.
Mais, pour finir en beauté et santé, régalons-nous avec Paul Claudel, au soir de sa vie, plein de verve, de simplicité, de lucidité maligne interviewé par Desgraupes, alter-égo de Dumayet. Il méritait bien qu'on l'appelât maître, l'auteur de "Connaissance de l'Est". Dumayet, qui s'activait encore sur Arte dans les années 90, le méritait aussi.
Bon, quand j'aurais trouvé le moyen de mettre la vidéo, je le ferais, promis.