mercredi 6 novembre 2013

Blondes have more fun.

J'ai parlé dans un message précédent du coté "Soul" de Lou Reed. Là, je vais mettre une vidéo de "Sweet Jane" au fond assez "funky". Enfin, au niveau musical déjà, et aussi parce que je n'ai jamais vu une pareil bande de branleurs se la jouer aussi à fond même chez les pires groupes noirs échappés des ghettos de Chicago. Le bassiste toise tout le monde d'un air infiniment supérieur (ah, ça devait donner backstage avec Lou, pour savoir qui allait enculer qui !), le guitariste tricote un méli-mélo délétère et groovy et l'organiste moustachu emballe le tout dans un flacon de Benzédrine. Seul le batteur a l'air à peu près d'équerre et, pour le coup, à l'ouest. Quant à Lou Reed, il fait plus petite frappe que jamais. Il parait que ça a été filmé à Paris. Tu parles, en Enfer, oui !

"Normal, vous avez dit normal."

Le Sarkozisme a changé la manière de faire de la politique en France, un peu comme le Berlusconisme l'a fait en Italie. L'ancien Président de la République Française a inventé une façon d'occuper l'espace médiatique qui ne laissait de repos à personne. Pas un jour sans qu'il se donne un motif d'apparaître à la télé, à la radio et surtout sur le net. Il créait ainsi son propre "buzz" à tout propos, se posant en référent ultime de tous ses ministres (qui tonitruaient eux aussi), de toutes les affaires, de tous les fait-divers, de toutes les situations les plus diverses des français alors qu'il ne gouvernait que pour le profit d'une minorité. Cette façon de diriger, plus simplement cette façon d'être a créé un nouveau rapport du pouvoir aux médias et des médias aux Français, un rapport de dépendance. Sarkozy a alimenté quotidiennement en "infos" des médias qui, par essence plus que par intérêt politique, ont dès lors bruissé, frissonné, joui d'apporter une camelote fraîche (et plus souvent rance) à la population. Et tout le monde s'est habitué à cette camelote, à cette came jusqu'à ce que chacun se trouve "modifié" dans sa manière d'appréhender la politique. Presque à leur insu, les citoyens sont tous redevenus des mineurs (le fameux "Je m'énerve pas, j'explique.." de Sarko), des enfants (ou des sujets) soumis à la férule toute puissante du père. Hollande a dit clairement vouloir s'opposer à cette façon de faire, notamment dans le débat télévisé avec son fameux "Moi, Président de la République....etc, etc" mais il n'a pas compris que le mal était fait, et que si une majorité de français voulait une pause, il faudrait bientôt les ré-abreuver de leur drogue politico-people. La presse s'est gaussé de sa compagne dans les premiers temps, mais pour de mauvaises raisons. Pas parce qu'elle détonait après la déclaration d'intention d'Hollande d'être un président "normal", mais parce qu'elle arrivait après la "Reine" légitime de France, belle, riche, italienne, croqueuse d'homme, génitrice, en un mot, une vraie Médicis. Le Président actuel, en faisant de la politique d'une manière pré-sarkoziste, sans occuper avec assiduité le terrain médiatique joue perdant d'avance, et même s'il essaie de se donner la maîtrise "des temps longs", art dans lequel excellait Mitterand, en prédisant quelques temps à l'avance l'inversion de la courbe du chômage, il ne devrait plus laisser à un Premier Ministre atone le soin d'apporter aux Français leur pain quotidien de... De quoi ? D'exaspération ? Ça n'a pas d'importance d'avoir des résultats ou pas, une cohérence ou pas, de trop peser par l'impôt ou pas, ce qui compte vraiment c'est de taquiner, de titiller, et même d’exaspérer, puis de se dresser comme un phallus qui dirait " STOP, C'EST A MOI QUE VOUS AVEZ A FAIRE ! ET VOUS SAVEZ DE QUOI IL EN RETOURNE !" Cette façon là ne me semble pas être trop dans le caractère de Monsieur Hollande et, personnellement, je m'en félicite, mais il ne devrait pas laisser les premiers énervés venus, en l'occurrence les Bretons (d'un énervement étrange à la fois venu du fond des âges et très moderne puisqu'il lie les prolétaires et les patrons dans le même mouvement) bousiller des portiques hors de prix. On pourrait s'interroger longtemps sur ce soubresaut breton et se rappeler aussi la façon dont, dès 2007, Sarkozy avait envoyé un message très clair à la gauche de l’extrême gauche, qui aurait pu s'opposer physiquement à lui, avec l'affaire de Tarnac. On pourrait aussi appeler Hollande à un peu plus de réalisme politique et à tenir compte de ce qui a changé en France sous le mandat de son prédécesseur, à occuper le terrain, lui et sa première dame, (elle est taillée pour le job), à faire mine, à jouer le jeu du papa-poule, papa-martinet. Ce n'est pas ce qui arrivera. J'en sais gré à Monsieur Hollande car cela correspond à mon caractère et je ne suis pas de ceux qui font ou feront du "Hollande-bashing" et se moque de lui pour son manque de goût pour l'autoritarisme. Le prix à payer de cette maldonne politico-médiatique sera exorbitant, c'est certain. Il vaut mieux néanmoins rester attaché à ses valeurs et à certaines façons de faire plutôt que de se renier pour préserver "un état des choses" qui ira fatalement vers le pire, pardon, Le Pen.
En attendant :
Elle est pas belle, la vie ? J'me moque pas. Je trouve ça beau.

mardi 5 novembre 2013

"Walk on the south side."

T. Model Ford est quant à lui mort l'été dernier dans une indifférence quasi générale en France et certainement dans son propre pays.
Voici un de ses titres qui aurait plu à Lou Reed.

D'ailleurs ces salopards du Sud profond sont des gaillards largement aussi durs à cuire que les New-Yorkais pur jus. Un autre exemple.

Vous voyez de quoi il parle ? Du genre de femmes que Robert Crumb adore. Un peu comme celle-là :

"Walk on the wild side."

Il y a un coté "noir" de Lou Reed. Non, pas un coté obscur, son coté "wild side", ça tout le monde le connaît, c'était son fond de commerce ; non, mais un coté "black", "Soul train", "funky". Un des ultimes bons trucs qu'il ait fait est d'ailleurs une apparition sur le dernier album en date de Booker T., le clavier d'Otis Redding, qu'il accompagnait à l'époque avec ses MG's : "The Bronx". C'est encore une fois "Walk on the wild side",  I mean on the Bronx side of the street, this time.

Et puis, au mitan des années 80, il y eut cette reprise de "Soulman" avec le créateur de la chanson en compagnie d'Issac Hayes, Dave Porter en personne. La chanson originale a du sortir l'année où sortait le premier album du Velvet ou alors un an avant, et Booker T. Jones jouait déjà dessus. Comme il doit jouer sur celle-là. Petite récompense : à la fin, Lou Reed enlève ses lunettes de Rock-Star.

jeudi 31 octobre 2013

Maître yoda is back !

On vient de retrouver 30 minutes d'images inédites de "Stars Wars". Minable ! Ridicule !  Ah, je ris ! Moi, je viens de retrouver Maître Yoda EN PERSONNE, planqué "undercover" chez Europe-Ecologie-les Verts. "A l'origine, la peau de Yoda verte être, alors lui chez les Verts s'encarter" m'a-t-il confié.

mercredi 30 octobre 2013

En partie(s). 2

J'ai pratiquement été élevé par la télévision. Mes deux parents étaient sérieusement occupés à se détruire. Ça laissait du temps. Et quand il ne se détruisaient pas ils entreprenaient de nous détruire, mon frère et moi. Ça donnait envie de se réfugier "ailleurs". Ça tombait bien, un "ailleurs", il y en avait un à la maison : la télé. Ils nous laissaient voir a peu près ce qu'on voulait. Des trucs pas pour nous, pas pour nos âges. Par exemple ça : "Diaboliquement votre" le dernier film de Julien Duvivier.. Ce qu'il vaut ? Je n'en sais rien. J'ai appris bien plus tard à aimer Duvivier, Senta Berger, la musique de François de Roubaix, à trouver Delon pitoyable, mais à travers d'autres films. Celui-là, je ne l'ai pas revu. Pourtant il fait partie de moi, de mon disque dur. Il est gravé à jamais dans mes circuits neuronaux. Il y a plein d'autres films comme lui, vus à la télé, oui, surtout des films - plus que des séries ou des émissions - qui m'ont marqué, sali, transporté, blessé. Qui s'en souciait ? Qui s'en soucie ? Être un petit pervers polymorphe, ça ne dure qu'un temps, pas vrai ? Ça dépend des films.
Ma phobie de certains chiens vient exclusivement de ce film.

Moi, mes parties et ma Patrie, en partie.

Ce soir, j'ai essayé. J'ai essayé de me faire une idée sur "L'identité malheureuse", le dernier bouquin de Finkielkraut, et plus largement, sur ce qu'on appelle "le débat sur l'identité nationale" en France. J'ai lu, j'ai regardé des trucs sur YouTube. Je n'ai entendu que des paroles de haines éructées par des fous ou des pensums d'universitaires trop sages prêchant pour d'autres de sanglantes révoltes. Bref, j'ai échoué sauf...Sauf à tenter de penser par moi-même, et parmi ces stridences j'ai réussi à émettre un son bien particulier, une note assez claire, et qui surtout me laisse la possibilité de penser encore et encore, d'évoluer sur une sorte de vague porteuse, d'affirmer sans m’arque-bouter, de me tenir sans main-courante. Oh, je n'ai rien inventé, je n'ai rien trouvé de neuf sous le soleil qui chauffe de plus en plus, mais au moins je n'aboie pas, je ne hurle pas et aucune grimace de carnassier délirant ne défigure mon visage d'homme. Alors, je suis plutôt content de moi. Et puis soudain, une idée me vient, me frappe. Tout ça c'est bien beau, cette réflexion, ces idées, mais comment se fait-il que je sois capable de "sentir" en moins d'un quart de seconde que tel ou tel individu, quelle que soit sa couleur de peau ou son appartenance sociale ou politique est un type bien ou une crapule ? C'est infaillible, ça ne loupe pas mais pourquoi et comment ça me vient, ça, c'est mystérieux ? Et ça peut sembler très prétentieux, en plus. On pourrait dire que je fais dans une pensée magique, organique ou essentialiste. Je crois plutôt que c'est le fruit d'une éducation très inquiète, et du poids d'une menace permanente à évaluer sans arrêt. Le Bien et le Mal sont pour moi des catégories concrètes qui s'incarnent dans le "Méchant" et le "Gentil" Le "Méchant" étant celui qui fait du mal (à l'autre) et qui en jouit, le "Gentil" celui qui ne fera pas de mal, peut-être du bien (toujours à l'autre) sans en jouir. C'est infantile, je m'en rends bien compte, mais, pour moi toujours, c'est bien plus opératoire que le concept sartrien de "salaud" ou les principes assertoriquement pratiques kantiens. Sur le sujet qui m'a intéressé ce soir, je dirais, sans que ça engage personne d'autre que moi et mes lubies, que Finkielkraut est plutôt gentil, que Christian Baudelot l'est aussi et que Renaud Camus et Alain Soral sont des types infects et très clairement "méchants". Je note qu'à mon avis, ils se trompent tous dans leurs prises de position par rapport à l'identité nationale et qu'ils feraient tous très bien de relire, non pas Lévi-Strauss (ça commence à bien faire ça), mais Fernand Braudel. Enfin, ça c'est la Raison qui parle, reste l'impression forte que deux des sus-cités sont potentiellement dangereux (Soral, Camus) et les deux autres non (Baudelot, Finkielkraut). Néanmoins, je dois préciser un truc, nuancer un peu.
Sur Finkielkraut. Son bouquin est intitulé "l'Identité malheureuse" à juste titre. Il est malheureux Finkielkraut, très malheureux, et comme tous les types malheureux qui ne comprennent pas pourquoi, il peut devenir dangereux. Vous savez pourquoi il est malheureux ? Il a reçu un beau cadeau, du moins un cadeau qu'il a trouvé beau : la France, et il ne comprend pas que d'autres trouvent le même cadeau dégueulasse.
"Tout un nuancier..." J.P. Nataf, autre juif un peu neurasthénique mais super gentil et pas con du tout. Tiens, je le mets deux fois.

C'est un peu mieux que Bertrand Cantat, non ?

mardi 29 octobre 2013

" Lou Raide is crashed" : Maïtre Ludovici (Arbitre)

Lou Reed est mort. Plutôt que de me lancer dans un panégyrique qui viendrait s'ajouter inutilement à ceux qu'on peut lire un peu partout, je vais essayer de dire quel a été mon rapport à cet homme tout au long de ma vie, qu'il a largement accompagnée.
Vers 12 ou 13 ans j'écoutais "Rock n' roll Animal" sur un magnétophone à pile en contemplant les étoiles avec un ami plus âgé que moi, allongés sur les pelouses bien tondues de la résidence où nous habitions. Les volutes de guitares entremêlées de l'intro de "Sweet Jane" me paraissaient une des choses les plus enchanteresses du monde. Plus tard, je ne pus ré-écouter ces notes sans déplaisir tant cela sentait la boursouflure et le Rock planant des 70's, mais pour le moment, dans la tiédeur d'une nuit d'été, nous confiant, mon ami et moi, des pensées et des envies profondes, cela me semblait une des choses les plus délicieuses que j'aie jamais entendue. La pochette et le nom de la cassette ne laissait pas de m'inquiéter et surtout la pause du blondinet qui l'ornait.
En grandissant, je me suis familiarisé avec la musique de Lou et de son groupe le Velvet, sans pour autant en devenir un inconditionnel. Je laissais à un ami auquel je pense ce soir le soin de devenir fan de l'artiste. Maxime doit être bien triste ces jours-ci.
Il y eut un drame dans ma vie. En conséquence de quoi, je me suis retrouvé dans une minuscule chambre de bonne à faire semblant d'aller à la fac, noyant ma dépression dans l'écoute de musiques tristes. Ma vie racornie par le manque d'argent ne me laissait que le plaisir malsain de ne pas me réveiller avant 13 heures et celui de manger de temps en temps de gigantesques croissants aux abricots. Au lieu de cela, j'aurais bien sûr du m'abreuver à des puits de savoir et m'accrocher aux seins fermes des jeunes femmes, mais non, mon état était par trop morbide.
Là, j'ai rencontré Lou Reed. J'ai acheté son album "Berlin", Dieu sait pourquoi et j'y ai frotté mon désespoir languide, et il m'a doucement, sournoisement, atrocement bercé. J'ai écrit quelques très beaux poèmes à cette époque, j'ai même fait le seul dessin à peu près potable de toute ma vie, je devenais un artiste triste et sophistiqué sous l'influence délétère de ce que j'écoutais jusqu'à plus soif ; toute cette musique de Dandy camé sertie d'arrangements mirifiques. Ah, combien de fois ai-je écouté les flûtes infernales de l'intro de "Sad song" ? Et les cris désespérés des gosses de "The kids" ? Ca avait de tout temps été les miens. Et il y avait un Mur à Berlin, et j'y fracassais ma cervelle sans cesse. Oh, ce petit filet de voix maladif de Lou ! Qu'il se glissait chaque jour un peu plus en moi en me vidant de ma vitalité. J'aurais pu mourir. Au lieu de cela, au moment où ça devenait tangent, on m'a trouvé du travail et je me suis accroché à la vie. Voilà le plus près que j'ai été de Reed.
J'ai laissé tomber Lou Reed jusqu'en 1989 et son album "New-York", celui de la résurrection....Je suis allé le voir en concert à l'Olympia. Le Concert était formidable. Quelques années plus tard j'ai eu honte pour mes amis qui se sont précipités au même Olympia pour voir Le Velvet reformé, alors qu'ils nous bassinaient depuis des lustres avec l'aura impeccable de groupe sans concession au succès du dit Velvet. Il y aurait des choses à dire sur la fidélité à ce qu'on peut être, sur les reniements qu'on doit faire à contre-coeur par force et ceux que l'on fait sans se l'avouer vraiment, qui ne sont au fond que l'aboutissement d'une tendance profonde qui s'émancipe de trop d'illusions qu'on se donnait à soi-même. Lou en connaissait un bout à ce sujet. Dans les années 90 et 2000, il a régulièrement donné de bonnes choses. Il est mort dimanche dernier après une vie bien remplie. Il ne devait pas être facile à vivre mais pas complètement mauvais non plus avec un sacré sens de l'humour bien noir. Il n'aurait jamais tenu si longtemps sinon.
Un clip en forme d'indice pour l'humour. "Modern Dances". 2000

Je mets celle-là parce que Lou y évoque un épisode fondamental de sa vie : les électrochocs qu'on lui a fait subir à son adolescence pour le "guérir" de ses tendances homosexuelles". Ca c'est vraiment ignoble. Il en fait une chanson enragée : "Kill your sons".1974

mardi 22 octobre 2013

"La Torpille, Esther, la Torpille !".

Georges Descrières est décédé. Acteur monocorde, je ne l'ai jamais vu jouer qu'un seul personnage qu'il baladait au fil des feuilletons de l'ORTF et des pièces d'Au Théâtre Ce Soir. Deux ou trois tics auront suffi à ériger en une quasi perfection une quasi nullité d'une efficacité redoutable. Une fois qu'on a vu le bonhomme dans "Arsène Lupin" ou "Sam et Sally", on le l'oublie plus. Je me souviens donc, et avec une certaine nostalgie, de ces années brumeuses d'éveil sexuel où ses partenaires féminins, Corinne Le Poulain et Nicole Calfan, enchantaient mes pupilles et certains de ces partenaires masculins, Henri Vilorgeux par exemple, brillaient de malice
Corinne le Poulain....Ah, j'aurais donné je ne sais quoi pour l'embrasser. Quelle coquine elle faisait ! C'est comme Danielle Lebrun dans "Vidocq". Aie, Aie, Aie, rien que d'y penser, je ....
suis ému. Nicole Calfan ? Je suis sorti avec elle peu de temps après la série.
Bon, foin de ses souvenirs télévisuels que je pourrais partager à satiété avec nombre d'érotomanes de mon âge, c'est pas le tout, mais il faut rendre hommage à Descrières et comme, au fond, j'en ai presque rien a foutre de Descrières, je vais quand même mettre Corinne le Poulain qui nous fournira à tous un grain à moudre assez mettons.... présentable.
La voici dans un bout du feuilleton tiré de Balzac, "Splendeur et misère des courtisanes". C'est d'une qualité à couper le souffle. Aussi bon que du très bon  cinéma ; d'ailleurs, à cette époque-là, le cinéma, au sens classique du mot, était à la télévision. Georges Géret est parfait en Vautrin, Corinne le Poulain au delà de tout qualificatif raisonnable.

Mais pourquoi Géret assène-t-il à le Poulain :"La Torpille, Esther, La torpille ! " ? Et bien c'est qu'Esther était réputée, avant de connaître la rédemption par l'amour du jeune Lucien, pour être une des courtisanes les plus aptes sur la place de Paris à faire sombrer les fortunes les plus solides.
C'est pas de moi, c'est du Balzac !
Bon, je vais quand même mettre un bout de Georges Descrières, vous allez voir, il est impayable, quand à Corinne le Poulain, elle est au delà de tout qualificatif raiSOOONNNNNable. Ouf, ça va mieux.

vendredi 18 octobre 2013

Léonarda et moi.

J'aimerais bien que l'affaire de la petite Léonarda et de sa famille expulsée de France m'inspire quelque chose de clair, de net, de précis. Mais non, toute cette histoire est bien trop compliquée sur le fond pour que j'en tire un enseignement ou même quelque chose, ne serait-ce qu'une idée minuscule qui puisse orienter la compassion et la colère que je sens poindre en moi. Car elle est pourtant là, la petite Léonarda, je la vois, je l'entends, je ne peux pas y échapper, et je ne le veux pas d'ailleurs, et malgré tout, malgré l'évidence du problème je suis incapable d'articuler deux pensées à peu près sensée sur ce qui lui arrive. Et puis la colère et la compassion sont toujours là, elles aussi, alors, est-ce que je vais finir par cracher une brève maxime haineuse ou lénifiante en guise de réflexion comme vont le faire la plupart des gens ? Est ce que je vais aller dans la rue comme un con de lycéen (que j'ai été) ? Est ce que je vais gueuler dans le PMU du coin avec les autres loups, ce soir, après une douzaine de demis ?
Non.
Mais j'avoue mon impuissance et je mets au défi quiconque de réussir à expliquer le bordel mondial dont cette "affaire" n'est qu'un des pénibles symptômes.
Un être humain moyen mesure dans les 1,70 mètre, pour a peu près 70 kilos. S'il va à pied, son rayon d'action consiste en une vingtaine de kilomètres qu'il peut parcourir aller et retour en une journée. Il a une famille qui lui cause des soucis permanents et des voisins parfois gênants. Même à cette échelle là, l'homme est incapable de se maîtriser et de maîtriser ce qui l'entoure, comment voulez-vous qu'il appréhende par la pensée un espace-temps, le sien, qui a désormais l'échelle du Monde tout entier ? C'est strictement impossible, c'est trop compliqué, et même les plus grands esprits s'y cassent sans arrêt les dents, qu'ils ont de lait pour le coup.
Alors qu'est ce que je fais de Léonarda, moi, minuscule humain français du vingt et unième siècle, si je ne veux pas sombrer dans la caricature Finkielkraut/Soral/Mélenchon/Le Pen ?
Je vais vous dire.
Je vais passer outre toute cette merde, parce que la petite Leonarda, son père, l'Etat Français, L'Union Européenne, tout ça, c’en de sacrément belles de caricatures et je les laisse aux spécialistes sus-mentionnés, et moi, et bien je veux garder mon visage d'Homme. Alors je vais me coller un sourire sur les lèvres du dit visage et je vais tout simplement penser à autre chose, quelque chose de léger et de gai. Quoi ? C'est tout sauf vos oignons.
En attendant, pour votre gouverne :