Pour Nerval tout à basculer avec ce qu'il appelle lui-même " l'épanchement du rêve dans la réalité" Ca a donné des strophes sublimes comme celles là :
FANTAISIE
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !
Bien des années plus tard, le même épanchement apparaissait dans une chanson de Whitfield et Strong interprétée par les Temptations. C'est à ne pas croire, non, l'inverse, ça donne l'opportunité de croire tout court. En quoi ? Devinez, Frères Humains qui avant et après nous vivez.
lundi 18 avril 2011
samedi 16 avril 2011
Une vérité à laquelle s'accrocher !!!
Dylan, deux fois. Revu et incorrigible.
La version de Spirit est sans doute une des plus belles.
Randy California avait un nom à la con mais beaucoup de talent.
ET puis il y a lui, elle, sans doute la seule personne du monde de la pop que j'aimerais rencontrer de nos jours. On le, la voit mal. Tant mieux.
Ah ça fait trois fois ? Et alors, l'infini, ça se mesure maintenant ?
Comme ça ?
Ils auront essayé au moins. Pas de mesurer l'infini, de le vivre.
La version de Spirit est sans doute une des plus belles.
Randy California avait un nom à la con mais beaucoup de talent.
ET puis il y a lui, elle, sans doute la seule personne du monde de la pop que j'aimerais rencontrer de nos jours. On le, la voit mal. Tant mieux.
Ah ça fait trois fois ? Et alors, l'infini, ça se mesure maintenant ?
Comme ça ?
Ils auront essayé au moins. Pas de mesurer l'infini, de le vivre.
Deux avis divergents
ApollinaireL'adieu du cavalier
Ah Dieu! que la guerre est jolie
Avec ses chants ses longs loisirs
Cette bague je l'ai polie
Le vent se mêle à vos soupirs
Adieu! voici le boute-selle
Il disparut dans un tournant
Et mourut là-bas tandis qu'elle
Riait au destin surprenant Edwin Starr En tout cas c'est foutrement humain.
La mort du père, la mort du fils
Comme Nerval, comme tant d'autres, je suis à la fois mon père et moi-même. C'est triste ? Un peu oui. Paul Weller m'a aidé à grandir puisque ce n'était pas le "sujet" de mon père. Et voilà, que Weller et moi ayant un peu vieillis, il vient me chanter ça. Je ne peux plus courir, il n'est déjà plus temps pour moi de ce genre de vitesse. J'entends néanmoins le chaleureux conseil de mon vieux compagnon Paul et je le comprends. Est-ce à rire ou à pleurer ? Les deux. Chante, Paul, chante encore, pour nous les tout petits, pour les orphelins comme pour tous les autres, les mélancoliques, les joyeux, les rieurs et les pleurnichards, les enfants, les fils.
jeudi 14 avril 2011
Ah, un texte ! Et qui ne parle pas de mort mais de Baseball (?!?)
Ca s'appelle "Baseball Canto".
Watching baseball, sitting in the sun, eating popcorn,
reading Ezra Pound,
and wishing that Juan Marichal would hit a hole right through the
Anglo-Saxon tradition in the first Canto
and demolish the barbarian invaders.
When the San Francisco Giants take the field
and everybody stands up for the National Anthem,
with some Irish tenor's voice piped over the loudspeakers,
with all the players struck dead in their places
and the white umpires like Irish cops in their black suits and little
black caps pressed over their hearts,
Standing straight and still like at some funeral of a blarney bartender,
and all facing east,
as if expecting some Great White Hope or the Founding Fathers to
appear on the horizon like 1066 or 1776.
But Willie Mays appears instead,
in the bottom of the first,
and a roar goes up as he clouts the first one into the sun and takes
off, like a footrunner from Thebes.
The ball is lost in the sun and maidens wail after him
as he keeps running through the Anglo-Saxon epic.
And Tito Fuentes comes up looking like a bullfighter
in his tight pants and small pointy shoes.
And the right field bleechers go made with Chicanos and blacks
and Brooklyn beer-drinkers,
"Tito! Sock it to him, sweet Tito!"
And sweet Tito puts his foot in the bucket
and smacks one that don't come back at all,
and flees around the bases
like he's escaping from the United Fruit Company.
As the gringo dollar beats out the pound.
And sweet Tito beats it out like he's beating out usury,
not to mention fascism and anti-semitism.
And Juan Marichal comes up,
and the Chicano bleechers go loco again,
as Juan belts the first ball out of sight,
and rounds first and keeps going
and rounds second and rounds third,
and keeps going and hits paydirt
to the roars of the grungy populace.
As some nut presses the backstage panic button
for the tape-recorded National Anthem again,
to save the situation.
But it don't stop nobody this time,
in their revolution round the loaded white bases,
in this last of the great Anglo-Saxon epics,
in the territorio libre of Baseball.
Signé du grand poète beat :Lawrence Ferlinghetti
Watching baseball, sitting in the sun, eating popcorn,
reading Ezra Pound,
and wishing that Juan Marichal would hit a hole right through the
Anglo-Saxon tradition in the first Canto
and demolish the barbarian invaders.
When the San Francisco Giants take the field
and everybody stands up for the National Anthem,
with some Irish tenor's voice piped over the loudspeakers,
with all the players struck dead in their places
and the white umpires like Irish cops in their black suits and little
black caps pressed over their hearts,
Standing straight and still like at some funeral of a blarney bartender,
and all facing east,
as if expecting some Great White Hope or the Founding Fathers to
appear on the horizon like 1066 or 1776.
But Willie Mays appears instead,
in the bottom of the first,
and a roar goes up as he clouts the first one into the sun and takes
off, like a footrunner from Thebes.
The ball is lost in the sun and maidens wail after him
as he keeps running through the Anglo-Saxon epic.
And Tito Fuentes comes up looking like a bullfighter
in his tight pants and small pointy shoes.
And the right field bleechers go made with Chicanos and blacks
and Brooklyn beer-drinkers,
"Tito! Sock it to him, sweet Tito!"
And sweet Tito puts his foot in the bucket
and smacks one that don't come back at all,
and flees around the bases
like he's escaping from the United Fruit Company.
As the gringo dollar beats out the pound.
And sweet Tito beats it out like he's beating out usury,
not to mention fascism and anti-semitism.
And Juan Marichal comes up,
and the Chicano bleechers go loco again,
as Juan belts the first ball out of sight,
and rounds first and keeps going
and rounds second and rounds third,
and keeps going and hits paydirt
to the roars of the grungy populace.
As some nut presses the backstage panic button
for the tape-recorded National Anthem again,
to save the situation.
But it don't stop nobody this time,
in their revolution round the loaded white bases,
in this last of the great Anglo-Saxon epics,
in the territorio libre of Baseball.
Signé du grand poète beat :Lawrence Ferlinghetti
lundi 4 avril 2011
La mort du noir et blanc
Et maintenant j'aimerais rendre justice à des petits maîtress de la soul blanche. D'abord Daryl Hall et John Oates, élevés au lait le plus pur de la soul des années 60 ils eurent des hits mérités dans les années 80. En témoigne la compo suivante qui sera reprise par les De la Soul pour ce qui reste à mes yeux un des rares très bons albums de Rap. Il n'y a pas de hasard car il faut savoir que les samples utilisés par les rappeurs noirs sont à 80% issus de disques de musiques noires à l'exception notable de celui-ci ( et de " Do it again" des Steely Dan bien évidemment. ) Les deux à suivre : "I can't go for that" de Hall & Oates "et " Say no go" des De la Soul.
Bien sur les coupes de cheveux sont rocambolesques et les costards un rien voyants mais le talent est là.
Remarquez bien que les jeunes blacks de l'époque n'avaient pas grand-chose à envier à leurs collègue blancs de la soul en matière de cheveux abracadabrantesques.
Un peu auparavant Daryl Hall avait composé ces deux très beaux morceaux.
Et devinez qui a réussi à réconcilier Davis Ruffin Et Eddie Kendricks( les Temptations devenus frères ennemis) en 1985 ? Hein ? La vidéo n'est plus disponible en partage, allez voir sur youtube à Eddie Kenricks & David Ruffin C'est grand pour des petits maîtres.
Ensuite Il y a Robert Palmer. Tout blanc, tout élégant qui fait une soul sophistiquée pleine de feeling feutré et de sons soyeux.
Bien sur les coupes de cheveux sont rocambolesques et les costards un rien voyants mais le talent est là.
Remarquez bien que les jeunes blacks de l'époque n'avaient pas grand-chose à envier à leurs collègue blancs de la soul en matière de cheveux abracadabrantesques.
Un peu auparavant Daryl Hall avait composé ces deux très beaux morceaux.
Et devinez qui a réussi à réconcilier Davis Ruffin Et Eddie Kendricks( les Temptations devenus frères ennemis) en 1985 ? Hein ? La vidéo n'est plus disponible en partage, allez voir sur youtube à Eddie Kenricks & David Ruffin C'est grand pour des petits maîtres.
Ensuite Il y a Robert Palmer. Tout blanc, tout élégant qui fait une soul sophistiquée pleine de feeling feutré et de sons soyeux.
La mort dans l'Ame
Parmi les musiques que je préfère il y a la soul brillante et lyrique de la Tamla Motown. Basta de l'avidité de Berry Gordy ! fondateur du label. Il savait que s'il voulait concurrencer les blancs : Spector, Wilson, Bacharach, Carole King...etc, etc, sur le terrain des royalties, il fallait aussi le faire sur le plan artistique car les personnes sus-citées étaient tous des Maîtres en excellence pop. Il lui fallait donc un son inédit et les talents les plus grands pour le mettre en oeuvre. Il réunit donc un staff incroyable de chanteurs, chanteuses, compositeurs, musiciens, arrangeurs qui allaient lui apporter fortune et gloire mais SURTOUT auxquels il permit de devenir des artistes majeurs, incontournables pour tous ceux qui aiment la Pop, quand elle s'élève à son niveau d'exigence le plus élevé qui fait d'elle l'égale des musiques savantes.
Je ne sais pas qui a eu l'idée de balancer les versions acapella des chansons qui vont suivre mais je lui rend grâce. Deux fois donc la version acapella et la version instrumentale et chantée de ces deux titres magnifiques du répertoire des Temptations. Dans les deux cas ce sont Norman Whitfield et Barret Strong qui les composèrent et les produisirent.Berry Gordy leurs avait à l'époque confié de grosses responsabilités chez Tamla Motown et ils eurent la main heureuse pendant quelques années.
Il y a des notes très précieuses sur les images des vidéos Eddie Kendricks fait le lead vocal aigue, Melvin Franklin fait la basse. Imbattable.
Les Stones, depuis toujours fascinés par la Tamla firent une bonne version de la chanson ci-dessous sur leur dernier album un tant soit peu présentable : "Some Girls" en 1978
Je ne sais pas qui a eu l'idée de balancer les versions acapella des chansons qui vont suivre mais je lui rend grâce. Deux fois donc la version acapella et la version instrumentale et chantée de ces deux titres magnifiques du répertoire des Temptations. Dans les deux cas ce sont Norman Whitfield et Barret Strong qui les composèrent et les produisirent.Berry Gordy leurs avait à l'époque confié de grosses responsabilités chez Tamla Motown et ils eurent la main heureuse pendant quelques années.
Il y a des notes très précieuses sur les images des vidéos Eddie Kendricks fait le lead vocal aigue, Melvin Franklin fait la basse. Imbattable.
Les Stones, depuis toujours fascinés par la Tamla firent une bonne version de la chanson ci-dessous sur leur dernier album un tant soit peu présentable : "Some Girls" en 1978
samedi 2 avril 2011
Petite mort et résurrection
Nerval disait donc que les Sages savent " L'usage du temps". Ils dira plus bas les Artistes. Et c'est vrai que c'est le propos majeur de l'Art : usager le Temps. Regardez ces nature mortes de Morandi, ne sont-elles pas, chacune et dans leur suite, le Temps dont le peintre nous offre l'usage, c'est à dire : La Poésie même.
O mort, Vieux Capitaine.....
Tous les fous ne sont pas artistes. La plupart des artistes sont sains d'esprit. Mais il est des fous qui sont des artistes et mieux encore des mages. Ils vont là ou nul avant ne s'aventurait, emportés par leur songe maladif, et explorent ce qui était barré d'un "Terra Incognita", avertissement salvateur autant qu'aveu d'un manque. Certains ont plus de mal que d'autres et de ce plus "négatif" ils tirent la force ou plutôt sont tirer de force par lui vers des terres communes mais dangereuses. Des trésors que ces mages font surgir au jour, d'autres qu'eux feront profit et connaissance, là où, pour eux, tout n'était qu'évidence et souffrance. Car ces artistes-là expérimentent dans leur chair ce dont tout le monde sent intuitivement qu'il vaut mieux se tenir à bonne distance. Deux exemples parmi d'autres. Gérard de Nerval, Poète de feu qui écrivit cela :
Le Temps ne surprend pas le sage ;
Mais du Temps le sage se rit,
Car lui seul en connaît l'usage ;
Des plaisirs que Dieu nous offrit,
Il sait embellir l'existence ;
Il sait sourire à l'espérance,
Quand l'espérance lui sourit.
II
Le bonheur n'est pas dans la gloire,
Dans les fers dorés d'une cour,
Dans les transports de la victoire,
Mais dans la lyre et dans l'amour.
Choisissons une jeune amante,
Un luth qui lui plaise et l'enchante ;
Aimons et chantons tour à tour !
III
" Illusions ! vaines images ! "
Nous dirons les tristes leçons
De ces mortels prétendus sages
Sur qui l'âge étend ses glaçons ; "
" Le bonheur n'est point sur la terre,
Votre amour n'est qu'une chimère,
Votre lyre n'a que des sons ! "
IV
Ah ! préférons cette chimère
À leur froide moralité ;
Fuyons leur voix triste et sévère ;
Si le mal est réalité,
Et si le bonheur est un songe,
Fixons les yeux sur le mensonge,
Pour ne pas voir la vérité.
V
Aimons au printemps de la vie,
Afin que d'un noir repentir
L'automne ne soit point suivie ;
Ne cherchons pas dans l'avenir
Le bonheur que Dieu nous dispense ;
Quand nous n'aurons plus l'espérance,
Nous garderons le souvenir.
VI
Jouissons de ce temps rapide
Qui laisse après lui des remords,
Si l'amour, dont l'ardeur nous guide,
N'a d'aussi rapides transports :
Profitons de l'adolescence,
Car la coupe de l'existence
Ne pétille que sur ses bords !
Et Thélonius Monk, diagnostiqué schizophrène, dont il a été dit qu'il jouait mal. C'est peut-être vrai mais ce qu'il joue est unique et si singulier que d'autres suivront, de loin.
Le Temps
ILe Temps ne surprend pas le sage ;
Mais du Temps le sage se rit,
Car lui seul en connaît l'usage ;
Des plaisirs que Dieu nous offrit,
Il sait embellir l'existence ;
Il sait sourire à l'espérance,
Quand l'espérance lui sourit.
II
Le bonheur n'est pas dans la gloire,
Dans les fers dorés d'une cour,
Dans les transports de la victoire,
Mais dans la lyre et dans l'amour.
Choisissons une jeune amante,
Un luth qui lui plaise et l'enchante ;
Aimons et chantons tour à tour !
III
" Illusions ! vaines images ! "
Nous dirons les tristes leçons
De ces mortels prétendus sages
Sur qui l'âge étend ses glaçons ; "
" Le bonheur n'est point sur la terre,
Votre amour n'est qu'une chimère,
Votre lyre n'a que des sons ! "
IV
Ah ! préférons cette chimère
À leur froide moralité ;
Fuyons leur voix triste et sévère ;
Si le mal est réalité,
Et si le bonheur est un songe,
Fixons les yeux sur le mensonge,
Pour ne pas voir la vérité.
V
Aimons au printemps de la vie,
Afin que d'un noir repentir
L'automne ne soit point suivie ;
Ne cherchons pas dans l'avenir
Le bonheur que Dieu nous dispense ;
Quand nous n'aurons plus l'espérance,
Nous garderons le souvenir.
VI
Jouissons de ce temps rapide
Qui laisse après lui des remords,
Si l'amour, dont l'ardeur nous guide,
N'a d'aussi rapides transports :
Profitons de l'adolescence,
Car la coupe de l'existence
Ne pétille que sur ses bords !
Et Thélonius Monk, diagnostiqué schizophrène, dont il a été dit qu'il jouait mal. C'est peut-être vrai mais ce qu'il joue est unique et si singulier que d'autres suivront, de loin.
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