dimanche 25 août 2019

"L'äge est un problème sur lequel le pékin moyen vient immanquablement buter après un certain nombre d'années" Marcel Proust.

Si on te dit "Oh, l'âge c'est dans la tête !" c'est qu'il est déjà trop tard....tu es trop vieux.
Pas vrai Alain ?

Vera Miles. What a nice way to turn 90 !

Vera Miles vient de fêter ses 90 ans. Happy Birthday Vera and thank you ! Elle fut, au sommet de sa carrière, l'objet d'un concurrence sévère entre les deux plus grands cinéastas classiques (avec Lang), Ford et Hitchcock. Il l'eurent tour à tour. Elle joua dans "L'homme qui tua Liberty Valance" et "The searchers", dans "The wrong man" et l'épisode remarquable nommé "Revenge" tourné par le sadique anglais pour sa propre série, "Hitchcock présente". Lui voulait la lancer comme superstar dans "Sueurs froides", elle déclina l'offre pour cause de grossesse. Où serait Kim Novak dans le Panthéon hollywoodien si Vera Miles avait choisi de tourner "Vertigo" ? Nulle part, elle n'avait aucun talent. Quand elle voulait se rassurer un peu elle demandait : " Monsieur Hitchcock, hein que j'ai du talent ?" il lui répondait
"Mais oui, Mademoiselle Novak, vous êtes même assise dessus."....enfin, c'est ce qu'on dit.
Mais revenons à Vera Miles et à John Ford. Voici ce qui constitue à mes yeux une des plus belles ouvertures de films de l'histoire du cinéma, sinon la plus belle.

D'où vient à cette femme qui sort pour voir quelque chose la préscience que cette "chose" est son amour de jeunesse, dont elle a épousé le frère, surgi de nulle part après tant d'années ? Seul Ford peut sans ridicule évoquer cela et commencer un film par cette magie. La porte (la grande porte) s'ouvre, le récit s'ouvre, la femme s'avance un peu, la caméra la suit, nous entrons dans l'épopée. En voici la scène de fin.

Là, on voit Vera Miles courir vers Jeffrey Hunter, qu'elle attend depuis presque dix ans et tout se résoud quasiment sans un mot. Elle a du jarret, la petite.
Nul doute que pour John Ford, on naît seul, on vit seul, on meurt seul. Il y a un boulot à faire, on le fait et c'est marre. Le bonheur c'est la porte à coté. Ici, à la fin de "The searchers", un de ses coups de génie c'est d'avoir fourré tout ce qui devrait suivre le retour d'Ethan Hawke avec sa nièce avant cette scène-là dans une sorte de fausse fin, qui lui a permis d'évacuer tout le factuel et tout le blabla. Ne reste que le pathos pur, sec, raide. Une porte qui se ferme.
A chaque fois que je regarde cette scène, je pleure. Pourquoi ? Parce qu'elle est faite pour ça et que ça me chagrine toujours autant que Ford ait raison sur la solitude de l'Homme.

dimanche 18 août 2019

Alex Katz vs Luc Tuymans. K.O. debout

Remarquez bien qu'il y a encore pire que Tuymans. Ecoutez donc Alex Katz délirer sur tout et n'importe quoi, l'art entre autre, avec le plus grand sérieux. C'est confondant. Enfin y'a des gens pour acheter ses croûtes faut croire. Quant aux Nympheas de Monet, elles supportent tout avec équanimité (plus que moi). C'est une oeuvre insensée qui n'a que très peu d'équivalents

"J'espère juste que les gens ne vont pas trouver ça beau". Luc Tuymans

Cette citation tirée d'une interview de l'un des artistes les plus cotés sur le marché actuellement vaut quand même son pesant d'or. C'est assez clair. Plus c'est laid, mieux c'est et plus cher ça vaut. En ce qui me concerne (je fais partie des gens, M Pinault non, mais moi si), M Tuymans, aucun risque.
Je mets des trucs, à vous de juger



Beurk.

jeudi 15 août 2019

Les idoles se dorent au soleil.

Le psy, le prof, Papa : "Il faut cesser cette bêtise avec Billy Idol !"
Moi : " Mais père, j'aime Billy, il exténuait les zombies avec sa musique en des temps où il y avait si peu de zombies. C'était fun ! "And fun is the one thing that money can't buy", dixit John Lennon
Le psy, le prof, Papa: "Il avait tort le philosophe grand-breton des sixties."
Moi : "Non, il avait raison, sinon je ne serais pas aussi triste."
Billy Idol : "Hot in the city"; Allez Billy le branleur, mate, mate !

MON idole véritable : Paul Weller. Il aime bien parler de l'été.
"Roll along summer".

The Style Council mode gay friendly. : "Long hot summer".

Et les noirs ? Les v'là. Y profitent aussi.
Issac Hayes : "Summer in the city". The Isley Brothers :"Summer breeze" Jimi Hendrix "Long hot summer night".

samedi 10 août 2019

"Hot in the city" (Billy Idol)

L'été s'étouffe sous lui-même. Août semble se déployer à l'infini sans arriver à accoucher de l'autome. On est groggy, K.O. debout, la lumière du soleil étourdit, les soirées se prolongent jusqu'à l'épuisement. Où sont les forces motrices ? On somnole en espérant une délivrance sans y croire une seconde. Tout périclite sous une maturité pleine et obsédante. Ne viens pas m'agiter tes appâts sous le nez en plus, je pourrais très bien m'énerver et te baiser, même si ça paraît impossible. Les nerfs sont noyés de chaleur eux aussi et ne sont plus de bons conducteurs. L'alcool aide à passer le cap de la journée. Oh, pas d'ivresse ! Un petit coup de main pour se traîner jusqu'à la prochaine tomates annanas-mozarella. Le luxe c'est une seule pensée claire, une sensation fraîche qui pique au vif. La vie déborde d'attributs et tout a un avant-goût de mort lente. Il n'y a aucune raison de s'en faire, chaque saison a sa branche creusée mais quand c'est de trop-plein. Il faut savoir ne pas attendre. Et, miracle, ça vient. Toujours.

Dans le feu de l'été les Foals sortent un single incendiaire pendant que la voix de paille de King Krule revient me chatouiller....les narines.
Pour le Funk tu repasseras un autre jour, plus chaud encore.
Foals "Black bull".

King Krule a vu le potentiel du morceau de Conan Mockassin il en délivre ici une superbe version.
Kin Krule :"Forever dolphin love".

mardi 6 août 2019

Subir. Tenir. Pas le choix.

Il y a ces deux chansons de The war on drugs, très belles, lyriques. Il n'ont rien perdu à laisser partir le slacker Kurt Vile.
Alors je fais comme il est dit dans la première, je m'accroche, je tiens bon. C'est dur. Le clip est superbe.
The war on drugs :"Holding on".

Et il y a la souffrance, omniprésente. Mais ce n'est rien à coté de la connerie qui triomphe partout comme un souverain absolu, même en moi. C'est encore ça le plus exténuant.
The war on drugs : "Pain". Quelque part Paul Weller parle de "the next generation of emotionally crippled." Depuis un temps que je ne saurais mesurer c'est comme ça, on produit ça, on va d'echec en échec. On a rien réussi de bon au vingtième siècle à part les trois jours de paix, d'amour et de musique de Woodstock. C'est chiche

On est grave quand on a 17 ans. Et même après.

A l'heure de l'offensive surréaliste des hystériques de Metoo. A l'heure où le bon peuple bien pensant va se précipiter dans les salles voir le dernier Tarentino sous se soucier que c'est Harvey Weinstein qui l'a crée. A l'heure où des morceaux de viande en vitrine offerts à tous les regards disent qu'elles sont bien autre chose que des morceaux de viande en vitrine offerts à tous les regards et que l'on se demande bien pourquoi ces femmes mentent et si elles le font à dessein et, dans ce cas, quel est-il? A cette heure débilitante de l'égalitarisme ratonnel poussé jusqu'au délire, je vous propose d'écouter une des plus belles choses entendues récemment, la chanson rageuse et quasi sacrée de Sharon Van Etten sur l'adolescence, "Seventeen", ici live à Glastonbury.

J'a lu des livres. Dans certains de ces livres les hommes tiennent aux femmes comme à la prunelle de leurs yeux et les femmes tiennent aux hommes comme à la prunelle de leurs yeux. C'est le cas le plus courant, la normalité. Et puis il y a les dévoiements, les perversions, les calculs, les peurs. Nous vivons dans une époque de calculs et de peurs. Les femmes veulent être des putes libérées (alors que la prostitustion crée des obligations) et les hommes veulent abuser d'un pouvoir pervers qu'ils sentent chancelant. Le cinéma, très souvent porno même quand il est classique ne nous a pas aidé. C'est même une grosse connerie, au même titre que la mauvaise littérature dénoncée par Cervantes et Flaubert. Qui peut écouter les deux chansons ci-dessous sans hystérie ou goguenardise ? Naturellement, j'allais dire. Plus personne.
On a tout simplement régressé.




lundi 8 juillet 2019

"Cher Michel-Ange, je vous écris ces mots.......Bons baisers. Prince." (Archive inédite)

Retour sur le Roi Prince avec deux inédits de son vivant, d'une facture exceptionnelle, l'un sorti il y a deux ans pour l'édition collector de "Purple Rain", l'autre tout récent, extrait de l'album "Originals". Il parait qu'il n'y a pas moins de mille inédits qui dorment dans les archives de Paisley Park. Bon, en fait je mourrai avant d'avoir tout entendu....
J'y ajoute une reprise non moins exceptionnelle de "Kiss" par Joan as a Police Woman, avatar de la très talentueuse Joan Wasser. Pour reprendre "Kiss" et se hisser au niveau de l'original, il faut vraiment en avoir. Joan Wasser en est remplie jusqu'aux oreilles.
Prince : "Our destiny/Roadhouse Garden"

Prince : "Dear Michaelangelo".

Joan as Police Woman : "Kiss"

"Allright Glastonburry !"

La saison des festivals est lancée. Grâce au partenariat de la BBC on peut voir plein de concerts du Festival de Glastonburry sur YouTube, très bien filmés et très bien enregistrés.
Je mets deux extraits. Dans le premier on peut voir le leader du groupe Foals, Yannis Philippakis, prendre des risques conséquents face à une foule qu'il a lui-même chauffée à blanc. C'est aussi dangereux qu'excitant.
Dans le deuxième on voit Mac Demarco jouer à la coule une de ses sublimes chansonnettes qui font tout son charme.
Foals : "What went down" .

Mac Demarco : "All of your yesterdays".