Il n'y a pas que l'attitude cool, la coupe de cheveux, les fringues. Tout le star-système à chier.Il y a le talent, nu, rugueux. Un diamant brut. Qui pourrait reprocher ça à Rod Stewart ? Moi, j'écoute ça et je pleure, comme quand j'écoute "Nature boy" par Nat King cole. Je ne suis pas né à "Gasoline alley" mais pas loin et c'est là, pas loin, que je finirai, près de ma mère.
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Les films, les petits comme les grands, quand ils sont bien fait, peuvent se voir les yeux fermés. De même que, dans la vie, 80 % de la communication s'opère à l'aide du corps et surtout de la voix (sa hauteur, son timbre...) plutôt que du discours, de même, au cinéma, la bande-son et les dialogues et leur musiccalité, pour être souvent indispensables, apportent toujours des nuances et des richesses insoupçonnées. J'ai déjà mis sur ce blog un post qui parlait de la musique qu'ont les dialogues d'Audiard, je vais en remettre deux petits avec un maître des effets de bouche : Darry Cowl. Ecoutez bien le registre de Cowl, par rapport à celui de Gabin, il dit beaucoup de choses sur ces deux clodos.
"Archimède le clochard". Gilles Grangier, dialogues de Michel Audiard.
Pour qu'on entende bien l'étendue du talent du bonhomme, qui par ailleurs était un excellent musicien, je vais vous le faire entendre dans un navet de Jean Girault qu'il rehausse d'un ton voire de plusieurs par la ductilité de son organe. Il est aux cotés de la charmante Maria Pacôme qui en possède un très particulier aussi et très sexy. Elle est décédée il y a peu, je lui rends hommage, elle a enchanté mes soirées de jeunesse dans "Au théâtre ce soir". Ici, tous les acteurs sont remarquables, même dans les rôles les plus ingrats (cf Jacques Seiler en valet). Cowl et Pacome sont-ils si éloignés d'Hepburn et Grant dans "l'impossible monsieur Bébé ? A voir...Cette fois-ci les dialogues sont de Jacques Vilfrid, qui, parfois, avait du bon.
Et voilà. Maintenant vous regardez tout ça sans le son. Je vous assure c'est excellent.
Michel Audiard. On a beaucoup glosé sur le pittoresque de ses dialogues, sur la franchouillardise élevée au rang des beaux-arts par une rhétorique impeccable et classique au pied près. On peut y voir une Célinade un peu fade, une répétition un peu lassante d'une manière plutôt que d'un style. Certes. Je pense pour ma part que ses bouquins sont meilleurs que ses films, surtout les siens-propres (ceux des annéees 70) et qu'il aurait du persévérer dans cette voie-là. Pour ces fameux dialogues : quand ils sont vraiment ciselés et servis par des acteurs au cordeau, je leur trouve une qualité musicale évidente et unique, un rendu qui n'appartient qu'a lui.
Il y a bien une petite musique Sagan pourquoi n'y aurait-il pas, quand il ne sort pas les grandes orgues, une petite musique Audiard ? Ecoutez ce que je mets ci-dessous. Est-ce que ça ne chante pas ? Est ce ça ne gazouille pas de virilité guerrière ? Une véritable aubade....Ah, le contexte : des espions du monde entier (Blier, Ventura, Blanche, Millot) se retrouvent coincés chez la belle Amarante (Mireille Darc), veuve récente, pour lui soutirer des secrets topés à donf que son défunt mari gardait par devers lui. D'où concurrence féroce...mais...("Les barbouzes". Georges Lautner)
Voilà, c'est drôle, ça gazouille, ça chante. Des bons bruitages, une bonne B.O et.ce film un rien débile passe sans problème.
Autre chose. Dans l'extrait que je mets ci-dessous ce sont deux solistes de première force qui duèttisent. Gabin ne peut même pas en remontrer à Rosay (ce qu'il faisait avec Blier) puisqu'elle traîne dans le métier depuis plus longtemps que lui et qu'elle est de taille à lui damer le pion. Le metteur en scène, sans doute sous le charme des mélopées parfaites qu'il entendait, s'est même payé le luxe de laisser un petit "pain" tant le tout coule de source. Je vous laisse le chercher. En tout cas c'est un beau concerto lamentuoso que voilà.
Jean Gabin et Françoise Rosay dans "Le cave se rebiffe" de Gilles Grangier.
Et je pourrais multiplier les exemples. Quand il s'en donne la peine Michel Audiard est un très bon musicien.
L'autre jour je suis tombé par hasard sur la vidéo ci-dessous. Elle évoque le travail et la mémoire d'un peintre hollandais du groupe COBRA que je connaissais pas : Lucebert. Je l'ai trouvee belle, comme la peinture de Lucebert et donc je la mets ici. J'aime beaucoup les peintres de ce mouvement du nord de l'Europe (COpenhague -BRuxelles- Amsterdam) qui voulait dépasser l'opposition abstrait/figuratif et rendre le courant même de la vie. On voit Lucebert peindre (c'est génial), on voit ses ateliers, ses maisons, même l'ultime, après sa mort, remplie d'enfants. C'est vraiment très touchant.
ATTENTION. Je préviens les personnes un peu trop sensibles et les défenseurs de la cause animale, dans ce documentaire on voit une biche ou un daim se faire saigner. Pour les autres, ceux qui sont au fait, entre autres de la manière dont la viande arrive dans leur assiette ça ne devrait pas poser de problème.
Ca a été filmé en trois fois, en 1962, 1966, 1994, après la mort du peintre et ça s'appelle " Temps et adieu" et la musique est de Willem Breuker.
Suite des aventures du chenu oncle Gaël au pays des nouveautés. D abord un petit stage en entreprise bien crispant.
Myd :"Muchas"
Tiens un rappeur !
Tyler the creator: "Music inspired by illumination and Dr Seuss, The grinch EP.
Encore Badbadnotgood,cette fois-ci avec Little Dragon. Je conseille à tous d'écouter le "Late night tales" de Badbadnotgood, il est excellent. (La collection entière des "Late night tales" est excellente)
Solo Han feat James McMorrows : "The future". Très lyrique.
Des trucs récents, bons. Enfin, pas trop vieux en tout cas. Et très bons. Il faut savoir que la dernière nouveauté que j'ai écoutée c'est le maxi 45 tours vinyle de "Miss you" des Rolling Stones.... Aurais je perdu la main ?
Les clips des quatre morceaux que je mets sont beaux.
Badbadnotgoog feat Sam Herring : "I don't know". Nager, durement, follement, à contre-courant, survivre à la peine, nager.
Charlotte Day Wilson : "Work".
Un flot de femmes. Simple et puissant.
Céline disait "C'est pas juste chanter, il faut que ça danse." Voyons cela.
James Vincent McMorrow :"Rising water".
Une belle leçon de reprise en main par Bertrand Belin : "Glissé-redressé".
Les gilets jaunes ? C'est la revanche des types à peu près normaux qu'on bassine depuis quarante ans avec la supériorité des différences voire des déviances sur leur pauvre normalité bêtement imposable. C'est l'héritage de mai 68, et pas mai 68, qu'ils refusent désormais de payer. Celui porté par Foucault, Barthes, Sollers, les écolos-traders, Koltes, Deleuze, Guattari, Bourdieu. A ce fatras de conneries, les gilets jaunes répondent un simple "Ben oui, je vaux bien un pédé, un immigré, un fou, un intello, un tueur en serie, un théâtreux abscons, un gaucho-sociologue qui me chie dessus, un grand patron, un bobo. Je veux ma place." Cette place est centrale, sans elle il n'y a rien de possible. Car s il est vrai que la norme est differente d une société à une autre il n en demeure pas moins vrai aussi que partout il y a une norme. De la bonne volonté, de la bonne humeur des gens "normaux" depend l intégration ou le rejet des marges. Macron a cru pouvoir enculer ces gens "normaux" cinq ans de plus, ce qui se serait ajouté à 40 ans d'avanies, mais non, ça ne passe plus. Moi, je souhaite simplement voir sa tête au bout d'une pique et assister à l'avènement d'autre chose. Quoi ? Impossible à déterminer. Le pire ? Le meilleur ? Nous verrons bien. C'est ouvert....pour une fois.
La seule et unique BONNE version de "Revolution" des Beatles, la faussement "live".
Je remets ça avec Pete Shelley et lui rends un hommage paradoxal en mettant ici un morceau de son comparse guitariste au sein des Buzzcocks, Steve Diggle.
Shelley a toujours essayé de se libérer de tous les carcans, avec courage et ténacité, dans la mesure ou c'est possible. Il était de ceux qui font des efforts pour être libre et qui en témoignent aux autres, qui, à sa suite, s'en trouvent mieux et plus libres. Je crois que c'est le maximum qu on puisse faire.
Après je mets un docu anglais passionnant sur les Buzzcocks et Magazine. Car il se trouve qu'Howard Devoto, la leader de Magazine, a été le premier chanteur des Buzzcocks. Je vous parlerai de lui et de Barry Adamson, son bassiste, une autre fois.
Les Buzzcocks : "Running free"
L'excellence Rock, suite. Ecoutez ce live des Stone Roses, vous verrez ce que c'est que l'excellence en matière de Rock. Le morceau est génial et l'interprétation hors-pair. Au début on entend les mots et la voix du prophète-fou et poète William S. Burroughs. Je mets le texte entier en-dessous. C'est aussi de la grande musique.
Vous connaissez le Concerto pour clarinette de Mozart ? Non ? Dommage pour vous, c'est vraiment très beau. Écoutez un peu et vous m'en direz des nouvelles. A vrai dire je doute qu'on puisse faire mieux dans le domaine de la musique. D'accord, c'est de la musique savante, complexe, travaillée mais elle peut faire mouche dès la première écoute. Ce qui est surprenant c'est que la musique populaire puisse s'élever à de tels sommets. Prenez Ella Fitzgerald et Joe Pass reprenant "Nature boy", ça côtoie sans problème Mozart dans les sphères ardues de l'excellence musicale. M'enfin c'est du Jazz et on sait tous depuis quelques temps maintenant que le Jazz peut nous emmener très loin et très haut.
Mais le Rock ? Eh bien c'est pareil pour le Rock, il peut atteindre des degrés d'inventivité de musicalité et d'émotions égaux à ceux du Classique ou du Jazz. Je prends un exemple parmi tant d'autres : " Why can't I touch it ?" des Buzzcocks. C'est un duo de guitares riches sur fond de section rythmique géniale avec voix déchirante déclamant des paroles singulières et émouvantes, comme de la bonne poésie. Pete Shelley, le compositeur-auteur-interprète de la chose est mort il y a quelques jours et ça me rend infiniment triste. Il m'accompagne depuis 40 ans vers l'excellence Rock et m'envoie tutoyer le meilleur de la musique dans un sentiment d'urgence et d'abandon affectifs avec une grâce que seuls les plus grands compositeurs et instrumentistes ont atteints. Je lui rends hommage ici parce que je lui dois une fière chandelle. Il a mis des mots et des chants sur ma peine et l'a enchantée, m'a rendu meilleur et moins con.
Alors, dans l'ordre :
Le Concerto pour clarinette de Mozart,
"Nature boy" par Fitzgerald et Pass,
"Why can't Itouch it ?" des Buzzcocks.